
Créer une marque collective n’était pas une évidence en 1971. À une époque où le marketing balbutiait, sept organisations de producteurs de légumes, du Conquet à Saint-Malo, faisaient le pari d’une marque bretonne commune : Prince de Bretagne regrouperait sous la même bannière tous les légumes frais produits sur la ceinture dorée. Un territoire propice à la culture du légume que d’aucuns nomment également le Triangle d’or.
Multiplication des références
Quarante ans plus tard, le prince breton est plus vaillant que jamais : 600 000 tonnes de légumes frais produits par 2 500 producteurs qui cultivent 40 000 ha. « 270 000 tonnes sont exportées », se plait à dire Joseph Rousseau, président du Cerafel, pour bien montrer que la marque bretonne a su franchir les marches de Bretagne. Bien au-delà d’ailleurs puisque le marché allemand figure au rang des grands clients de la zone légumière.
En quatre décennies, le paysage légumier s’est profondément transformé. Si les producteurs sont moins nombreux, la gamme de légumes proposée sous la marque collective a littéralement explosée. « 46 espèces de légumes sont produites par les légumiers et 50 000 références sont commercialisées au cadran », chiffre Emmanuel Descloux, directeur de Prince de Bretagne.
Défendre le goût du frais
Pour conquérir les marchés, le légume breton signé « défendons le goût du frais », n’exclut aucune carte dans un jeu commercial où la concurrence est féroce. « La qualité, d’abord. Elle commence au champ et se prolonge dans les dépôts où la conservation et le conditionnement des légumes font l’objet de toutes les attentions », commente J. Rousseau qui annonce, dans le cadre de la réorganisation des dépôts, le projet de transfert de la station saint-politaine de Kervent sur un autre site. Avec, à la clé, une unité de conditionnement et de logistique ultramoderne compatible avec les exigences de traçabilité, de rapidité de livraison attendues par le commerce moderne.
Doté d’un service marketing en veille permanente, Prince de Bretagne n’a de cesse d’analyser la concurrence pour mieux appréhender un marché en perpétuelle évolution. « C’est ainsi que la segmentation de la gamme touche la plupart des légumes. Par exemple, au travers de l’emballage, de l’innovation produit, etc. », explique E. Descloux qui cite la caissette de tomates anciennes variées, le romanesco dans son sachet ouvert avec conseils d’utilisation, etc.
Le bio s’affiche également sous la marque régionale. « C’est 10 000 tonnes, soit 1,7 % de la production. Plus globalement, c’est l’ensemble des légumes qui bénéficie de l’amélioration des pratiques culturales pour un respect total de l’environnement et une meilleure efficacité économique des exploitations. »
Didier Le Du
Photo : Toute la tomate de la Sica est livrée à la station de Kervent, à Saint-Pol-de-Léon.
Chiffres clés
• 300 semi-remorques vendus chaque jour au cadran.
• 55 % pour le marché français.
• 34 pays desservis
• 30 stations d’agréage et de conditionnement.
• 52 expéditeurs.
• 3 places de marché au cadran : Saint-Pol-de-Léon, Paimpol et Saint-Malo.