
Près de la moitié des élevages avicoles français produisent de la volaille sous signe de qualité. Ils sont plus de 4 400 mais ils n'assurent que 11 % des abattages contrôlés (17 % des poulets). Ce mode de production est essentiellement franco-français, moins de 5 % est exporté, vers les Pays-Bas, la Belgique, le Royaume-Uni.
Cette filière est constituée de deux segments : Label rouge et bio. En 2010, le créneau Label rouge a légèrement reculé (100,3 millions de volailles, soit -3 %). « Nous produisons essentiellement du poulet jaune qui représente 46 % des volumes », précise Marie Guyot, directrice adjointe du Synalaf.
Découpes en baisse
« Les découpes ont du mal à percer, elles représentent 23 % des volumes soit 1 % de moins qu'en 2009 ». En volailles festives, on note aussi un léger recul, notamment pour les volailles lourdes dont le prix est élevé pour le consommateur. Par contre, les volailles festives plus légères progressent.
« Nous n'avons pas à rougir de ce que nous faisons », estime Éric Cachan, président du Synalaf. « Nous connaissons bien la tendance de fond de la volaille Label qui ne progresse plus depuis 1999. Mais elle résiste bien dans le contexte avicole français, notamment en pintade et canard à rôtir ». Le Label représente plus de la moitié des poulets entiers achetés par les consommateurs.
+ 13 % pour le bio
Les volailles bio ont le vent en poupe et continuent de progresser (+ 13 %) avec globalement 6 millions de volailles, dont 5,7 millions de poulets. Le dynamisme de la consommation de produits bio profite bien à la volaille. Le développement du bio est-il une vraie tendance de fond ? Le consommateur ne risque-t-il pas d'être versatile ? « Soyons prudents sur l'équilibre du marché », estime Eric Cachan. « L'offre doit répondre à la demande réelle et non la précéder, car il s'agit de produits frais ».
Le développement de la consommation en RHD (restauration hors domicile) est l'un des axes de travail. « L'objectif de 20 % de volailles bio en RHD pose question car les produits de découpe bio sont chers dans le budget des cantines. On note une vraie différence entre le discours consensuel consommateurs- élus politiques et les moyens réels des acheteurs ».
Cahiers de nos valeurs
L'autre défi consiste à assurer le lien au sol. En France, on ne produit pas assez de céréales bio. D'où viennent les céréales importées ? Quelle est leur véritable qualité ? Le Label rouge et la production bio répondent à des attentes sociétales. « Les cahiers des charges sont les cahiers de nos valeurs ». Faut-il abandonner nos fondamentaux (âge d'abattage, parcours, utilisation de l'aliment bio) ? Éric Cachan répond clairement non. Mais il reconnaît qu'il faut les travailler.
La réflexion en cours permettra quelques évolutions. Le double démarrage dans un même poulailler bien isolé (8 800 poussins au lieu de 4 400) fera baisser la consommation de gaz. La commisssion technique travaille également sur l'augmentation de la taille des élevages, pour l'instant limitée à 4 poulaillers de 400 m2.
Le règlement européen prévoit un âge d'abattage à 70 jours pour le poulet bio. « Nous avons décidé de respecter la demande du consommateur français qui veut un poulet bio "fermier", soit un âge d'abattage minimum de 81 jours », déclare le président du Synalaf. Cette norme sera appliquée en France. Comme dans les autres filières animales, le coût alimentaire a sérieusement augmenté et la défense du prix de reprise est un véritable enjeu pour pérenniser la production. D'autant que les indices de consommation sont plus élevés en volailles fermières qu'en standard. Patrick Bégos
Photo : Les producteurs français mettent en avant les fondamentaux des productions sous signe de qualité (âge abattage, parcours… ).
Légère progression de la productivité
Avec 79,9 kg/m2/an, la productivité des élevages Label Rouge est en hausse de 1,9 % en 2010. Deux éléments influent sur la rentabilité : l'augmentation du poids vif qui atteint 2,28 kg et la vitesse de rotation (3,29 lots/an). En poulet label, la productivité a peu varié en trente ans, alors qu'en production standard, on est passé de 130 kg/m2 en 1980 à plus de 250 kg/m2 en 2010, soit quasiment un doublement. Les cahiers des charges influencent largement la génétique, la densité, l'alimentation et l'âge à l'abattage.