
Un taux de pertes sur truies qui double, un nombre de porcs produits par truie qui baisse de 3 unités, une fertilité en berne, un indice global qui grimpe de 2,99 à 3,25; l’année 2003 a marqué Olivier Gaucher, à la tête d’un élevage de 160 truies en Mayenne. Le SDRP est diagnostiqué en début d’année 2004. « J’ai pris la décision de vacciner les porcelets en post-sevrage à 7 semaines de vie (vaccin vivant) », indique l’éleveur, qui s’impose, en parallèle, une conduite en bandes plus stricte, en limitant le mélange de bandes. « J’ai également décidé de mettre 3 bandes de porcs par an (conduite en 3 semaines) en façonnage pour éviter les surcharges. » En 2005, le programme vaccinal et les pratiques de vaccination sur truies et porcelets sont revus : utilisation d’aiguilles à usage unique sur truies, animaux mis à jeun pour les vaccins sensibles, administration d’un seul vaccin à la fois. Dans le même temps, le suivi de la conduite en bandes s’accentue, dès la maternité. « J’ai fait un coin nurserie pour les petits porcelets afin de ne pas avoir de mélanges de bandes. » Le cheptel truie est vacciné avec un vaccin inactivé, en gestation et en quarantaine. La protection de l’élevage est renforcée, les protocoles de nettoyage et de désinfection sont revus et corrigés, la marche en avant est respectée et les pédiluves sont systématisés.
Le blitz du 17 juin
« Il y a eu une amélioration des résultats en 2006. La marge de progression restait importante ». Trop pour l’éleveur qui bombarde en traitements vétérinaires pour protéger ses animaux. Plus 70 % de dépenses par rapport aux moyennes. « Je gérais la crise. J’ai souhaité aller au-delà de la simple maîtrise du SDPR en envisageant l’éradication. » En novembre 2006, un protocole de vaccination de masse est lancé. Les cochettes sont vaccinées en une seule injection à l’arrivée (vaccin vivant). En gestantes, maintien du rappel du vaccin inactivé à mi gestation sauf pour les cochettes ayant bénéficié du nouveau protocole en quarantaine. Les allaitantes reçoivent un vaccin vivant 2 semaines après mise bas (plus d’injection de vaccin inactivé ensuite). Les porcelets bénéficient du programme déjà en cours (vaccin vivant). En 2007, lorsque toutes les bandes de truies sont passées en maternité, la vaccination de masse (blitz) est programmée. « Le 17 juin 2007, l’intégralité des animaux de l’élevage ont été vaccinés au vaccin vivant. Aucune cochette n’a été rentrée pendant 12 semaines après cette vaccination (2 lots avaient été achetées avant le blitz). » Depuis, les vaccinations ont cessé et tous les contrôles sont négatifs au SDRP. « L’éradication est possible mais il ne faut pas se relâcher. Il faut profiter de tout ce qui a pu être mis en œuvre sur le plan de la biosécurité au moment du plan de lutte. » Des efforts largement payés en retour, au niveau des performances et du confort de l’éleveur. Bernard Laurent
Opinion de Jean-Yves Corbel, Éleveur à Plomeur (29)
Plus de production moins de dépenses de santé
J’ai pris la décision, avec mon vétérinaire, d’éradiquer le SDRP au printemps 2009 après avoir subit, entre autres problèmes, 20 avortements de truies en 4 mois en 2008. Le coût de la vaccination (vaccin porcilis PRRS sur les truies et les issus pendant 7 bandes puis double blitz sur les 4 000 animaux présents dans l’élevage) m’est revenu à 13 571 € sur 9 mois environ, en 2009 (Pas de vaccination en 2010). Le nombre de kilos vifs vendus par truie et par an entre le 2e semestre 2008 et l’année 2010 a augmenté de 400 kilos (3 430 au lieu de 3 039 kilos). En parallèle, les dépenses de santé ont chuté de 7,98 € aux 100 kilos de carcasse à 6,75 €. L’élevage est désormais négatif au SDRP.