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La génomique femelle désormais accessible aux éleveurs
 

C’est parti. Les éleveurs peuvent désormais bénéficier des avancées de la génomique sur les femelles de leur troupeau. À partir d’une prise de sang, le potentiel génétique d’une jeune génisse pourra être connu trois à quatre mois plus tard, avec une bonne fiabilité. Les bénéfices attendus portent sur une efficacité améliorée de la sélection des femelles. Le progrès génétique pourra être maximisé sur les meilleurs éléments.
« Ce nouveau service va aussi permettre d’optimiser les accouplements pour corriger les défauts. Les femelles à moins fort potentiel pourront être mieux valorisées, par exemple avec de la semence sexée mâle pour faire de la viande », a noté Maurice Barbezant, directeur de l’Unceia (Union nationale des coopératives agricoles d'élevage et d'insémination animale), lors de l’assemblée générale de l’Urceo.
La génomique permet l’accès à de nouveaux caractères, comme par exemple l’intervalle vêlage – 1re IA, la longévité... 36 caractères sont aujourd’hui disponibles. Des économies substantielles sont sans doute possibles en abaissant le taux de renouvellement, en améliorant le TP, la reproduction... Mais il faudra toutefois mettre en parallèle le coût du service, actuellement autour de 135 € par femelle (pour 5 génotypages).


Nutrition, santé


« Des domaines tels que la nutrition, la santé vont pouvoir être intégrés. Une ration mieux valorisée permettrait une réduction des gaz à effet de serre. Les reproducteurs pourraient aussi être sélectionnés en fonction des composants de leur lait (type d’acides gras...). »
Néanmoins, pour que le champ des nouveaux caractères puisse s’élargir, il faut mettre en place une « collecte organisée et normée des données relatives à ces caractères. » Une population de référence de femelles (éleveurs partenaires et stations) doit être créée, et faire l’objet de génotypages croisés avec la collecte de données. Dans les deux ans, Amélis prévoit plus de 20 000 génotypages femelles pour
mettre en place cette base de référence.


Partenariat Amélis-Conseil élevage


Le 24 mai à Céaux (50), Amélis a officialisé un partenariat avec les ECEL de l’Ouest (Entreprises de conseil en élevage). Baptisé « Alliance Ouest génomique », ce rapprochement vise à développer le génotypage des femelles laitières dans les élevages. Les entreprises de conseil participeront aussi à l’apport de données collectées sur le terrain (phénotypes) pour alimenter le modèle génomique et maintenir sa fiabilité dans le temps.
Les nouvelles technologies permettront également la collecte de données dans les élevages : analyse du lait par robot, capteurs électroniques et biologiques (mouvements, température...). L’horizon de la sélection génomique s’élargit, mais qu’en sera-t-il de son utilisation par les éleveurs ? Face aux nombreuses orientations possibles, ils devront définir leur propre stratégie et être conseillés en fonction. « Des critères qui n’étaient pas mesurables auparavant vont devenir plus importants », précise Jacques Coquelin, président d’Amelis. Agnès Cussonneau


Photo : La connaissance précoce de la carte génétique des génisses permet aux éleveurs de meilleurs choix de sélection.




Création d’Ouest Conseil Elevage
Officialisé en début d’année, Ouest conseil élevage rassemble 13 organismes de conseil en élevage (qui restent leur indépendants) dont BCEL Ouest, BCEL 35, Clasel et Littoral Normand. « Cette association va permettre aux éleveurs de bénéficier d’innovations comme le génotypage par voie femelle, l’analyse instantanée des fourrages ou une connaissance fine du lait (Optimir) », déclare Pierrick Cotto, président d’Ouest conseil élevage qui rassemble 23 000 adhérents.



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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 9 Juin 2011
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