
Relativement pauvre en valeur alimentaire, « la paille de céréales bien complémentée est une ressource utilisable dans les rations des ruminants pour pallier le déficit de stocks fourragers ou le manque d’herbe au pâturage », rappelle l’équipe d’ingénieurs de recherche de l’Institut. Et d’ajouter : « Pour des animaux à besoins modérés, la paille est même le fourrage le plus simple à utiliser. » À condition qu’elle ait été récoltée sèche et sans moisissures.
Rechercher l’équilibre
Avec un régime de paille, il convient de nourrir les micro-organismes du rumen pour améliorer la digestibilité. « Soit en complétant avec de l’aliment liquide (5 à 10 % de la quantité de paille distribuée), soit avec des concentrés azotés (100 g de soja ou 150 g de tourteau de colza/kg de paille). » Il y a également possibilité d’utiliser des coproduits bien pourvus en azote et en sucres solubles : corn gluten feed ensilé ou sec, drèches, etc. Un apport systématique de minéraux enrichi en oligo-éléments et en souffre est indispensable.
Avec une complémentation énergétique et azotée supplémentaire, il faut éviter les concentrés trop rapidement dégradables (blé trop finement moulu). Avec de fortes quantités de concentrés, il est recommandé d’introduire une part de concentrés riches en cellulose comme la pulpe de betteraves, le son, le corn gluten feed, etc. L’utilisation de compléments azotés riches en PDIA (tourteaux, drèches, …) convient bien à ce type de ration. Se rappeler toutefois qu’au moins 75 % de la capacité d’ingestion (exprimée en UEB) doit être satisfaite par les apports de paille et autres fourrages. Un déficit de fibres longues expose à des désordres métaboliques.
Pour éviter les flambées fermentaires dans le rumen et optimiser la valorisation du concentré, il est indispensable de fractionner l’apport en plusieurs repas lorsque la quantité de concentré dépasse 35 % de la MS de ration totale. En clair, il convient d’étaler la distribution de concentrés quand la quantité dépasse 3 kg.
Vaches laitières
Pour cette catégorie d’animaux à forts besoins, la paille aura pour but de saturer l’appétit des animaux et garantir le bon fonctionnement du rumen. La quantité de concentré dans la ration de ces animaux est nécessairement importante, dépassant nettement 50 % de la matière sèche ingérée. Des règles spécifiques doivent alors être appliquées : éviter de hacher ou lacérer la paille pour ne pas réduire la fibrosité de la ration, fractionner les apports de concentrés, ajouter du bicarbonate de sodium et de magnésium, etc.
Pour plus d’infos : http://www.inst-elevage.asso.fr