Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
La houe, la herse et la bineuse contre les adventices
 

Les passages de houe rotative ou de herse étrille, précédant un binage, sont idéaux, en théorie, pour limiter les interventions chimiques sur maïs. Sont-ils efficaces ? Jean-Luc Grégoire, de la société Grégoire agri (44), fort de ses 10 ans de recul de la pratique, assure que oui. À condition d’intervenir au bon moment, en fonction du matériel à sa disposition. La houe et la herse doivent travailler quelques jours après le semis. « Il suffit de mettre un morceau de plastique blanc transparent sur la terre. Lorsque ça verdit en dessous, il est temps d’agir ». Les adventices sont encore au stade de filaments et le plant de maïs semé en profondeur (4 cm) ne craint pas les dents de l’appareil. Ces interventions ont l’avantage de retarder l’intervention chimique éventuelle.


Décroûter le sol


« La houe rotative a l’avantage de pulvériser les premiers centimètres de sol ; très bénéfique après les orages de cette année qui ont « croûté » le sol ». La houe peut intervenir jusqu’au stade 2 feuilles de l’adventice (À ce stade, la racine mesure 2 à 3 centimètres de plus que la plante et est difficile à éliminer). « Le stade du plant de maïs n’est pas limitant (jusqu’à 8 feuilles), sauf au stade crayon ». Les houes sont désormais performantes, en largeur de 3 à 9 mètres, pour des prix variables, de 6 000 € pour les plus simples à 17 000 € pour les plus sophistiquées (en 6 mètres). « Les réglages étant simples à réaliser, l’outil est bien adapté aux Cumas ». Le travail de la houe peut être bénéfique sur céréales. « Elle permet de déglacer et de réchauffer les sols au printemps, activant ainsi la minéralisation ».
La herse étrille nécessite des réglages plus fins et travaille plus lentement que la houe (10 à 15 kilomètres/heure en prélevée, 5 à 10 kilomètres/heure en post levée contre respectivement 12 à 20 et 10 à 14 pour la houe). « Il faut compter entre 3 et 5 % de pertes de plants, sans incidence sur le rendement à la récolte ». Les herses étrilles ont une largeur de 6 à 12 mètres et coûtent, neuves, de 4 000 à 11 000 €. Leur polyvalence (utilisation sur céréales, protéagineux, légumes...) est un avantage.


Bineuses de plus en plus précises


Les interventions des bineuses simples ou auto-pilotées, à l'avant du tracteur ou traînées, sont possibles à partir du stade 2-3 feuilles des adventices et à des stades plus avancés que pour la herse ou la houe. Leur passage assure un coup de fouet agronomique (aération du sol, réchauffement, infiltration de l'eau, limitation de l'évaporation en brisant la remontée capillaire). La bineuse doit travailler sur la même largeur que le semoir. La présence de cailloux provoque une usure rapide des socs et limite leur utilisation. Les bineuses simples coûtent de 5 000 à 8 000 €. Elles peuvent être combinées à des pulvérisateurs et à des semoirs pour implanter un couvert végétal. Les bineuses auto-pilotées permettent de biner plus près du rang. Couplées à des pulvérisateurs et des semoirs, elles peuvent atteindre 30 000 € à l'achat.
L’éventail de possibilités en désherbage mécanique permet désormais de réussir 9 années sur 10, selon Jean Luc Grégoire. Il faut cependant plus de temps, être équipé et surtout être prêt à intervenir  au bon stade des adventices. « Cela peut se jouer à deux ou trois jours », prévient le spécialiste. La rotation des cultures est également un facteur important de la réussite de l’opération.
« Il y a 5 fois plus d’adventices sur maïs après un blé (rotation courte) qu’après une vieille prairie ». Un bon nivellement du sol, sans trop de débris végétaux et une bonne gestion de l’interculture sont également des facteurs clés de réussite.
Bernard Laurent


Photo : Les agriculteurs répondent présents lors des démonstrations de désherbage mécanique organisées par la Chambre d’agriculture (ici, sur une parcelle à Guénin, après un passage de houe rotative)





Un suivi possible par les techniciens du Gab


Les producteurs conventionnels peuvent, depuis 4 ans, sur les bassins versants du Scorff, de l’Evel, de l’Oust, de Pénerf et du Loch, bénéficier du suivi Opti maïs sur la technique du désherbage alterné (mécanique et chimique). Ce suivi individuel, à la parcelle, est réalisé par des techniciens rompus aux techniques alternatives (du groupement des agriculteurs biologiques). L’objectif est d’inciter les agriculteurs à désherber mécaniquement, et dans le cas où cela s’avère impossible (sols trop sales, pas assez nivelés, trop de débris végétaux, météo défavorable), à traiter chimiquement, à doses réduites. Une trentaine d’agriculteurs conventionnels bénéficient du suivi et d’une formation pratique. Le financement est assuré par les budgets bassins versants.






Une pression phytosanitaire à réduire


Les agriculteurs cherchent des solutions pour limiter l’utilisation de pesticides ou plus précisément l’Indicateur de fréquence de traitement (IFT) correspondant au « nombre de doses homologuées » (dose efficace d’un produit sur une culture). L’IFT retenu sur maïs en Bretagne est de 1,66. Cette pression sanitaire diminue selon la technique de désherbage choisie, du tout chimique au tout mécanique en passant par les traitements associant un traitement pesticide et un passage de bineuse. Un traitement en prélevée, suivi d’un binage, permet d’abaisser l’IFT à 0,8. Un désherbage mixte (traitement sur le rang) suivi d’un binage, permet d’atteindre 0,25.



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Date de l'article : semaine du N° du 27 Mai au 2 Juin 2011
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