
« Les vaches glissaient sur l’aire d’exercice, devenaient hésitantes dans leur marche, les chaleurs étaient moins bien exprimées... Et ça s’est accentué au printemps du fait des bouses plus liquides et plus grasses. Lors d’une glissade il y a quelques semaines, une vache s’est même coupé un trayon », explique Roland Paumier, un des sept associés du Gaec Normalys (Lieuron). La goutte d’eau qui a amené les associés à faire appel à la société Tounet pour remettre de la rugosité sur les caillebotis en béton. « Ils sont posés depuis 12 ans et n’ont jamais été nettoyés. »
C’est donc un traitement de choc qui a été opéré à la flamme sur 420 m2 en tout. Les producteurs l’ont préféré aux procédés mécaniques (rainurage ou scarification) « qui peuvent abîmer les caillebotis du fait des vibrations. » Pour réduire la facture, les éleveurs ont réalisé eux-mêmes le lavage préalable, au karcher : une journée à quatre personnes. « C’est une prestation que nous réalisons en général, car cela permet plus d’efficacité et une meilleure maîtrise des risques d’incendie », note Luc Papeta, gérant de l’entreprise Tounet. Lors du passage du chalumeau, le détecteur de méthane réduit le risque d’explosion.
« Mélange de Flamal 29 et d’oxygène, le gaz enflammé atteint une température de 2 950°C et provoque un choc thermique qui éclate superficiellement le béton, sur deux ou trois millimètres », note Denis Gasse, responsable développement Air liquide. L’entreprise commercialise ce combustible qui permet un transfert de calories très rapide.
35 m2 sont traités par heure
« Les graisses sont aspirées jusqu’à 2,5 cm dans le béton et sont brûlées. La flamme sèche rapidement la surface si elle est humide. Après le passage du chalumeau, le béton est comme neuf, désinfecté et neutralisé. Pas besoin d’épandre du vinaigre sur la surface, ni d’ôter les cendres », précise Luc Papeta. En moyenne, 35 m2 sont traités par heure avec un chalumeau manuel. « Nous travaillons actuellement sur la mise au point d’un petit tracteur qui permettrait d’agrandir la largeur de passage de la flamme. »
Selon la configuration, la prestation coûte de 6 à 10 €/m2, lavage inclus. C’est deux fois plus qu’un rainurage, « mais l’éleveur n’a plus rien à faire après notre passage. » Le prestataire recommande de renouveler l’opération tous les 10 ans, avec un entretien annuel au karcher. Peu bruyant, le décapage thermique peut être réalisé en hiver dans les stabulations : « les bovins ne sont pas stressés. » Outre les caillebotis, le procédé s’applique sur des bétons lisses et également sur des carrelages, sur des murs, des pierres...
Agnès Cussonneau
Contact / Tounet au 06 20 01 48 74