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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°11905 |
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Le phosphore chamboule tout
 

Les objectifs ne sont pas encore arrêtés, mais les pistes pour les atteindre se précisent. 2011 devrait voir arriver les premières contraintes inhérentes à la volonté d’équilibrer la fertilisation phosphorée, notamment sur certains bassins versants. Pour les élevages de monogastriques, l’impact sera fort et une nouvelle course à l’augmentation de la surface d’épandage ne sera pas suffisante, surtout si l’objectif est fixé à un maximum de 60 kg de P2O5/ha, auquel cas, pour un atelier de 3 000 porcs produits, la surface d’épandage nécessaire passerait de 70 à 119 ha. Restent alors les solutions de réduire les rejets par une optimisation de l’alimentation ou d’exporter soit des effluents bruts, soit des refus de séparation de phase (vis presseuse ou centrifugation).


Des conséquences sur la fertilisation azotée


La porte ouverte du 20 mai à la station expérimentale de Guernévez, était justement l’occasion de faire un tour d’horizon des solutions techniques qui permettront de faire face à cette nouvelle contrainte, ainsi que de présenter leurs impacts sur la fertilisation azotée et les marges de progrès. Ainsi, il apparaît que pour une exploitation qui épand 95 kg de P2O5/ha pour 162 U d’azote, devoir descendre à 85 kg implique de ne plus pouvoir utiliser que 145 UN/ha dans le cas d’une augmentation du plan d’épandage. Si l’objectif est fixé à 80 kg de P2O5, l’azote disponible ne représente plus que 136 U /ha. Le cas d’une séparation de phase par centrifugation est quant à lui moins limitant pour l’azote. Il implique une perte de 4 UN /ha pour une réduction du phosphore à 85 kg. Respecter l’équilibre à
60 kg de P2O5 laisse tout de même la possibilité d’utiliser 148 UN / ha.
Le système de raclage en V est une alternative intermédiaire qui permet de maintenir 122 UN/ha pour une limite à 60 kg. À la station, deux équipements sont en place. Le racleur en V, depuis 2006, et depuis quelques semaines, une seconde salle est équipée d’un jeu de racleurs, pour leur part, en W. Ici, les lames glissent sur un revêtement en plastique qui a l’avantage de pouvoir être installé plus facilement que les blocs de béton de quatre tonnes, dans le cas d’une rénovation de bâtiment. Dans ce cas, c’est la plus faible capacité de la matière plastique à rester parfaitement plane qui impose une géométrie en W pour multiplier les arrêtes. Le principe reste le même. L’incertitude se situe plus au niveau de la durée de vie du matériau car pour l’instant, le recul n’est que de 7 ans en lapin et il s’agit d’une première installation en porc.


Valorisable mais pas rentable


En plus des gains sur l’ambiance des salles grâce aux plus faibles émissions de gaz qui sont un plus pour les intervenants et pour les animaux qui expriment mieux leur potentiel (voir tableau), le principe de la séparation de phase en V a des atouts pour répondre à la problématique phosphore, sous réserve de pouvoir produire une matière fertilisante valorisable par exportation sans plan d’épandage. Pour cela, les crottes doivent être traitées pour répondre aux normes « engrais organique » ou « amendement organique » qui fixent les taux de matière sèche et de matières fertilisantes. Le produit issu du refus solide du racleur en V (avec 2 % de paille incorporée et après 4 mois de transformation) présenté lors de la visite répond ainsi à la norme « engrais organique » et soutient parfaitement la comparaison avec les refus de centrifugeuse, avec un taux de P2O5 retenu proche de 90 %, plus de 50 % de matière sèche et une bonne homogénéité.
Pour un engrais organique normé et de bonne qualité, Bertrand Le Bris, de la Chambre d’agriculture, estime que le prix final se situera entre 40 et 70 €/t pour le céréalier, ce qui revient à une rémunération de l’ordre de 5 à 15 € pour l’éleveur, bien insuffisante pour compenser les investissements qui devront être réalisés pour se mettre aux normes.
Ronan Lombard



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Date de l'article : semaine du N° du 27 Mai au 2 Juin 2011
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