
À l’opposé de son voisin danois qui voit sa production laitière se financiariser et ses capitaux échapper progressivement aux producteurs, l’exploitation laitière suédoise reste assise sur des capitaux familiaux. Un modèle qui n’est pas sans rappeler le fonctionnement agricole breton.
Implantée entre un puzzle de lacs et de forêts, la Suède laitière localisée essentiellement au sud et centre du pays équivaut à la moitié de la production bretonne : 354 000 vaches (740 000 en Bretagne) réparties entre 6 800 élevages produisant en moyenne 438 000 litres. Le niveau d’étable frôle les 8 000 kg par vache dans ce pays scandinave où la Rouge suédoise y a largement sa place.
Avec la déprise agricole qui touche la Suède, les quotas laitiers ne sont pas contraignants pour l’agrandissement. De 2005 à 2010, la production nationale a reculé de 10 %. Sur ce pays où souffle un vent de libéralisme, la sortie des quotas en 2015 semble déjà actée. Avec en filigrane, le développement de grands troupeaux élevés dans de grandes stabulations fermées et isolées du froid.
Dans ce pays de plus en plus boisé au fur et à mesure qu'on se dirige vers le nord, la surface agricole représente moins de 10 % de la surface totale. Près des trois-quarts des agriculteurs exploitent parallèlement des forêts, avec une moyenne de 47 hectares de terres forestières par exploitation. Cette propriété forestière participe souvent à apporter des garanties aux banquiers lors du recours aux emprunts pour financer le développement de l’élevage.
Obligation de sortir les vaches
Dans le cadre de la réglementation bien-être, les éleveurs laitiers sont obligés d’envoyer leurs vaches dehors pendant la saison estivale. Les éleveurs situés dans le nord du pays doivent laisser les vaches à l’extérieur deux mois, ceux du centre trois mois, tandis que ceux du sud quatre mois. Une contrainte pas toujours facile à appliquer pour les gros troupeaux qui ont opté pour l’élevage quasi hors-sol. Réticents au départ, de nombreux producteurs mettent aujourd’hui en avant ce bien-être animal pour expliquer la productivité des troupeaux. Ces mesures auraient également contribué à améliorer l’image des produits laitiers suédois auprès des consommateurs qui privilégient la production nationale. Un patriotisme qui ne s’exerce visiblement pas que pour les produits alimentaires si l’on en croit les nombreux drapeaux hissés devant les habitations des Suédois. Didier Le Du
La Rouge suédoise
La Rouge suédoise occupe une large place dans le troupeau laitier suédois.
Cette race est appréciée pour la richesse de son lait, ses facultés d'adaptation au climat nordique (rusticité), sa longévité, sa fertilité, ses vêlages faciles, la santé de sa mamelle et sa docilité.
Dans les grands pays laitiers, cette race est utilisée en croisement 3 voies avec la Holstein, et la Montbéliarde. Cette combinaison apparaît comme un moyen d’obtenir une vigueur hybride élevée.