
Les deux années de conversion arrivent à leur terme. Les 217 000 litres de lait produits par Jean-François Orain sont désormais estampillés Bio. La volonté de supprimer l’utilisation de pesticides, une certaine pression sociétale et surtout « le sentiment de travailler pour les autres » ont conduit à la réorientation de l’exploitation, en 2009. « Je souhaitais avoir la maîtrise du système de production par l’autonomie ». 22 ha de prairies multi-espèces (dactyle, fétuque, Ray grass anglais, trèfle blanc et violet) ont été semés cette année là. « Une réussite, par rapport au mélange Ray grass hybride- Trèfle violet, qui monte trop rapidement en épiaison ». Un mélange qui sécurise la production dans une zone séchante. Sur les 74 ha de SAU, 56 sont en prairies temporaires. Le parcellaire groupé autour du siège, bonifié par la présence de routes et de chemins d’exploitation, se prête à la production herbagère. Deux kilomètres de réseau d’eau supplémentaire seront prochainement installés pour améliorer les conditions de travail.
La herse étrille donne satisfaction
Après les mois de novembre, décembre et janvier, où la ration est constituée de foin, d’ensilage d’herbe, de maïs et d’un kilo de soja (désormais supprimé en raison du coût élevé en bio), la base de l’alimentation, c’est le pâturage. « Dès que les sols sont portants (fin janvier), les vaches sortent. Elles ont du foin le matin, après la traite, et de l’herbe en journée ». Outre les 56 hectares de prairies, l’assolement comprendra 4 ha de maïs, 3 de méteil, 3 de triticale, 3 d’avoine et 4 de sarrazin.
« Compte tenu des conditions climatiques de cette année (trop sec), je n’ai pas semé de maïs. Les prairies n’ont pas été détruites ». Normalement, la culture de maïs succède à une vieille prairie de plus d’une dizaine d’année. Deux années de céréales s’ensuivent, avant la mise en place d’une nouvelle prairie. « 2010 a été la première année de désherbage alternatif sur cultures. J’avais beaucoup de craintes mais le résultat est positif ». Le travail réalisé à la herse étrille est satisfaisant.
Prix payé en hausse
L’objectif de production se situe à 5 000-6 000 L par vache, avec des vêlages répartis sur l’année. Les génisses vêlent à 2,5 ans. Le lait payé à 354 €/1 000 L (avec la bonification de 30 € pendant la conversion) augmentera de 70 € environ dès la livraison à Biolait. « Sans augmentation des charges », précise l’éleveur qui a retiré un EBE de 55 749 € sur le dernier exercice comptable. Un résultat qui prend en compte des résultats d’un atelier de 650 places de porcs à l’engrais sur l’exploitation, conduit en conventionnel. Pour des raisons agronomiques, le lisier des porcs est cédé à des voisins (la règlementation européenne autorise la présence d’un atelier non bio sur l’exploitation).
Le matériel en propriété se limite aux tracteurs, à du matériel de fanage, deux canadiens, un combiné (rotalabour et semoir) et une désileuse pailleuse.
Le reste du matériel utilisé est en Cuma. Les bâtiments sont constitués d’une stabulation, d’un hangar à fourrage et de deux tunnels tout abri pour le stockage du fourrage. « La priorité est d’aménager l’ancienne taurellerie en étable à génisses avec une partie pour les veaux ». Des aménagements et un nouveau système qui donneront un nouvel élan à une carrière entamée en 1984.
Bernard Laurent
Photo : Le Groupement des agriculteurs biologiques organisait une porte ouverte sur l’exploitation, vendredi dernier, avec une intervention technique de Philippe Roger, de la Chambre d’agriculture.