
Initié par le Conseil général 35 et l’association Aile, un groupe de travail regroupant différents acteurs locaux du bois énergie a échangé pendant un an sur les problématiques de la filière. La réflexion a abouti à la constitution d’une association, le 10 mai dernier à Châteaugiron. Associant des fournisseurs (agriculteurs, forestiers, industriels...) et des utilisateurs (collectivités locales, maisons de retraite...), elle vise à structurer la filière à l’échelle de l’Ille-et-Vilaine, en privilégiant l’utilisation de bois issu du bocage.
La demande s’affirme
Les différents acteurs se rejoignent pour favoriser la proximité dans l’utilisation du bois. « L’intérêt énergétique n’a de sens qu’en limitant les temps et les coûts de transport, et donc le gaspillage énergétique. » Depuis plusieurs années, des initiatives locales ont permis la mise en place de chaudières individuelles, mais aussi collectives (piscines...). « La demande est en expansion. Pour l’implantation de nouvelles chaudières, il est important de pouvoir garantir aux utilisateurs des plaquettes de bois de qualité, en quantité suffisante », a présenté Gilbert Ménard, chargé des énergies renouvelables au Conseil général.
D’un autre côté, les agriculteurs proposant du bois de bocage souhaitent valoriser leur produit. « Le coût de production est plus important que pour d’autres plaquettes industrielles ou forestières, qui peuvent toutefois être complémentaires. Or, les collectivités privilégient parfois l’approche tarifaire. La haie doit être valorisée dans sa fonction non marchande », explique Vincent Laizé, directeur de la FDCuma, partenaire technique de la démarche. L’intérêt du bocage est environnemental, économique, social...
Maintenir la dynamique locale
Pour le fonctionnement de l’association, le choix a été fait de maintenir la dynamique des groupes locaux, mais en les accompagnant sur le plan technique : élaboration d’un cahier des charges, référentiel commun... A terme, un plan de gestion des exploitations pourrait être mis en place pour pérenniser la ressource. « L’association peut également aider des groupes à démarrer », soulignent les responsables.
S’agissant de la partie commerciale, elle sera gérée par l’association : développement de contacts, notamment auprès des collectivités, négociation des contrats, gestion administrative... « L’accès à certains marchés nécessite un investissement en temps et en compétence. » Mais sur cette partie commerciale aussi, l’appui d’acteurs locaux est indispensable, pour une meilleure reconnaissance par les élus et les entreprises démarchées du lien au territoire.
Pour assurer ces missions, un coordinateur pourrait être recruté par l’association. Les possibilités de financement vont être explorées. Dans les semaines à venir, le bureau de l’association va se mettre en place. Agnès Cussonneau
Photo : Les personnes intéressées par le bois énergie sur le département étaient nombreuses, le 10 mai à Châteaugiron.