
La décision du Conseil d’administration de la SBAFER, attribuant les terres à Laëtitia Nogré pour une installation en Gaec avec ses parents n’a pour le moment pas été confirmé par le commissaire du gouvernement. D’où la pression exercée par différentes organisations (Confédération paysanne, GAB, CEDAPA, Accueil Paysan, CIVAM, MRJC, Terre de lien…). Elles soutiennent le projet d’installation de deux jeunes femmes désireuses de créer un atelier de production et de transformation de lait de brebis pour de la vente directe. Samedi 14 mai, une action conduite sur le terrain (pique nique) a réuni plusieurs centaines de personnes.
La concurrence, entre trois projets d’installation, prend en fait de plus en plus une tournure d’opposition syndicale. Dans un communiqué, la FDSEA a dénoncé la dureté des propos tenus envers Laëtitia Nogré et appelé à laisser les responsables professionnels élus à décider en toute sérénité. La Confédération paysanne se défend d’avoir attaqué qui que ce soit, tout en maintenant son soutien au projet des deux jeunes femmes. Thierry Thomas porte parole explique « que la position du syndicat est constructive et s’appuie sur la proposition de la commission départementale installation d’attribuer un quota supplémentaire de 160 000 L de lait à l’occasion de l’installation de Laëtitia si elle renonce aux terres de Ty Losquet et de 80 000 L si elle n’y renonce pas ». Une solution qui permettrait selon lui de réaliser trois installations.
Un projet bien mûri
Du côté de Laëtitia Nogré, cette situation conflictuelle est mal vécue. « Je ne comprends pas l’acharnement contre moi ». Elle explique qu’elle a choisi d’avoir une expérience professionnelle salariée avant d’envisager l’installation, et dispose de la capacité professionnelle (BTS ACSE). « Mon projet d’installation n’est pas nouveau. Et à 28 ans, cette exploitation de Ty - Losquet me permet de le concrétiser en ayant en outre la possibilité de pérenniser l’exploitation familiale ».
Une opportunité à moins de 2 km du siège de l’exploitation des parents qui vivent effectivement une situation particulière. Producteurs de lait (35 VL et la suite) et de volailles de chair (1 200 m2), le corps de ferme est adossé à une Zone industrielle et entouré d’habitations. Les éleveurs ne disposent d’ailleurs que de 2 ha accessibles pour les vaches. « À l’avenir, mon souhait est de déplacer le siège d’exploitation. Le site de Ty Losquet est adapté, avec 12 ha autour. Il nous permettrait aussi d’évoluer vers un système plus herbager, d’autant que nous avons un îlot de terre à proximité, de l’autre côté de la route ».
Laëtitia Nogré se défend aussi d’être contre les autres projets, et ne comprend pas très bien l’opposition. « Si l’avis de la SBAFER avait été différent, je l’aurais respecté ». Rappelant aussi son attachement à sa commune, et son implication dans l’élevage des parents depuis plusieurs années. « Là, je vais préparer les vaches pour le concours Prim’Holstein aux Terralies », conclut la jeune femme, habituée des rings.
Pierre Dénès
Photo : Laëtitia Nogré, au milieu du troupeau de Prim’Holstein de ses parents, justifie son projet d’installation.