Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
2010, une bonne année légumière
 

Le tour d’horizon des différents marchés de l’Union des coopératives de Paimpol Tréguier (UCPT) permet de cerner les évolutions pour les principaux légumes. Avec du bon et du moins bon. Ainsi pour le haricot demi-sec (Coco), il s’agit d’une deuxième année difficile. « Une année décevante avec un prix moyen de campagne à 1 euro, alors que le seul coût de la main-d’œuvre (charges sociales  comprises) avoisine les 65 centimes », explique le président de l’UCPT, Gilbert Brouder. Les responsables reconnaissent le nécessaire travail sur la valorisation. Regrettant que le plus gros de la production arrive sur le marché en septembre, après les congés, au moment où les dépenses des ménages liées à  la rentrée sont fortes. Avec en outre quelques difficultés avec le calendrier de mise en avant par la grande distribution.
La campagne des artichauts (Camus, Castel) a aussi été moyenne et perturbée par un démarrage tardif du Camus, suivi en juin d’une arrivée massive de production liée à la chaleur. De fait les gros volumes se sont commercialisés à des prix relativement bas, et il y a eu des invendus. Situation similaire pour le Castel sur juillet, et un peu mieux sur septembre et octobre. La production d’artichaut violet s’est maintenue et le prix s’est légèrement redressé.
Après la bonne année 2010, la campagne de chou-fleur d’hiver a été plus compliquée. Le mois de décembre enneigé et froid a entraîné un décalage de la production. De fait, dès le mois de janvier, le marché européen s’est trouvé encombré. Le recours à la transformation a toutefois permis d’éviter les invendus. Au final, le bilan est jugé satisfaisant pour la campagne. À noter une augmentation des surfaces de 3 %  (5 617 ha).


La tomate se diversifie


Les surfaces consacrées à la pomme de terre continuent leur érosion. Les chiffres l’illustrent puisque, sur 20 ans, les emblavements ont été divisés par 10 : 2 488 ha en 1990 et 259 en 2010. Une diminution malgré les actions conduites pour stimuler la demande. Le contexte économique a été par contre plus favorable.
La tomate a quant à elle pu bénéficier sur 2010 d’une conjonction de facteurs favorables, moindre concurrence, ouverture à l’est pour la production belge et néerlandaise, météo, retard des produits concurrents (melon). Ceci dans un contexte de forte production avec des surfaces en légère augmentation pour la grappe (88 ha) et pour celles dites de diversification (7 ha). Au cours de cette campagne de nouveaux produits (cœur de pigeon, cœur de bœuf, ...) ont été introduits dans la gamme. Un effort poursuivi sur 2011 en relation avec une vingtaine de producteurs avec de nouvelles niches comme la production des tomates cerises rondes, rouges, jaunes. Le chiffre d’affaires diversification progresse et approche les 4 millions d’euros.


3 000 emplois


Le développement de la gamme bio se confirme mais ne se fait pas sans quelques embûches. Comme dans la production en conventionnelle, il faut une adéquation avec le marché. De fait, en chou fleur, la campagne 2010/2011 a été difficile avec de faibles apports en automne et un  marché européen encombré ensuite, par ailleurs désorganisé sur le plan régional.
Après plusieurs années délicates, le secteur retrouve donc un peu plus d’optimisme, et surtout du revenu pour les 600 familles costarmoricaines qui en vivent, sans oublier les emplois générés dans la production ou au sein de la filière localement. Au total, ce ne sont pas moins de 3 000 personnes (exploitants et salariés) qui vivent directement de la production légumière. Il faudrait y ajouter les emplois induits dans le commerce, l’artisanat … Le souci actuel est le renouvellement des générations. Après des années de disette, les responsables semblent plus optimistes pour les années à venir.
Pierre Dénès


Photo : Les membres du bureau ont fait le point sur l’activité et l’actualité. En bas, Paul Le Dantec, Gilbert Brouder président, Joseph Rousseau, président du Cerafel, Hubert Jacob. En haut, Anne-Marie L’Aminot, directrice, Eric Salaun et Michel Le Quéré.





Trop de réglementation tue


L’UCPT fait aussi le point sur l’actualité et les dossiers plus politiques. La LMA voudrait une généralisation de la contractualisation. « Pour ce qui nous concerne, nous préférons répondre à des problèmes de marché par des réponses de marché ». Une façon de répondre que cette contractualisation n’apportera rien.  Cette même loi a interdit les rabais, remises, ristournes.  « Mais, elle n’a pas supprimé les coopérations commerciales. Elles ont même tendance à  s’accentuer ». Les responsables sont persuadés que « la seule réponse reste la concentration de l’offre ».
Ils expliquent la perversité des décisions administratives par le contrôle des marges. Ainsi l’administration a déclaré le chou-fleur en crise, application mécanique de la procédure, lorsque les cours sont inférieurs de 30 % à la même période de l’année précédente, en l’occurrence de 2009, une bonne année. Une mécanique qui impose aux chefs de rayons de tenir une comptabilité des entrées et sorties quotidiennes et de l’enregistrement des marges.  Complications administratives qui ont conduit certains chefs de rayons à enlever les produits. Avec une interrogation, lorsque les cours seront mauvais d’une année sur l’autre il n’y aura pas d’enclenchement de cette procédure de crise.



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Date de l'article : semaine du N° du 20 au 26 Mai 2011
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