
La campylobactériose est une forme sévère de gastro-entérite qui infecte les voies digestives, chez l'homme. Le responsable est Campylobacter Jejuni ou plus rarement Campylobacter Coli. Selon Diane Newell, consultante anglaise, « cette infection reste un problème majeur de santé publique dans l'Union Européenne, avec 10 millions de cas et un coût de 2 milliards d'euros par an. »
Plusieurs sources de contamination
Chez l'homme, 20 à 30 % des infections seraient imputables à la manipulation et la consommation de volailles insuffisamment cuites. « Dans l'Union européenne, 70 % des élevages de poulets seraient colonisés par ces bactéries, » estime la consultante. « La contamination directe par la viande de volaille n'est pas la seule voie, » souligne Gilles Salvat, de l'Anses. « La mauvaise hygiène des instruments de cuisine entraîne une augmentation des campylobactérioses durant les week-ends d'été, par exemple lors de barbecues durant l'été, en utilisant des ustensiles mal nettoyés. Les contaminations peuvent donc être croisées et indirectes. » Des comparaisons de profils de campylobacters de l'homme, de la volaille et du porc ont été faites dans la région de Saint-Brieuc. Elles montrent que quelques souches humaines sont très proches de souches retrouvées chez les volailles.
Des facteurs de risque
Les poussins ne sont pas porteurs de ces bactéries à l'éclosion, mais ils sont rapidement infectés après une exposition dans leur environnement. « Dans les élevages, la contamination se ferait entre la 2e et 4e semaine et la propagation est rapide au sein du lot, » précise G. Salvat. Quels sont les facteurs de risque ? « La saison (l'été est plus propice), la ventilation statique, le nombre de poulaillers sur le site (plus de trois), le nombre de personnes s'occupant du poulailler (plus de 2) et la présence de ténébrions dans le sas. » Pourquoi les contaminations sont-elles tardives ? « Les flores caecales des jeunes poulets sont protectrices dans les 10 premiers jours, notamment entre J3 et J7, elles inhibent l'implantation de campylobacter, » explique le directeur de l'Anses.
Hygiène et additifs
Quand les poulets sont en claustration dans un poulailler, l'application systématique et rigoureuse des protocoles de biosécurité et d'hygiène peut réduire la contamination. Dans le sas, le changement de tenue, de chaussures, le lavage des mains sont indispensables. Une ventilation efficace, le traitement de l'eau de boisson, la lutte contre les ravageurs et les
insectes permettent de limiter l'infection. La vaccination n'est pas possible actuellement. « Les pro et prébiotiques donnent des résultats convaincants, mais ils doivent encore être mis à l'épreuve du terrain, » estime G. Salvat. En plein air, la biosécurité seule ne peut suffire, des traitements complémentaires sont nécessaires pour réduire les taux de colonisation avec les traitements à base d'additifs. Pour le directeur de l'Anses : « S'il reste encore des progrès à faire en volailles, le comportement du consommateur et son éducation sont aussi à améliorer. »
Patrick Bégos
Huiles essentielles et acide benzoïque
L'association d'acide benzoïque et de composés d'huiles essentielles contribue à stabiliser la microflore et à améliorer la santé intestinale des volailles. Cette
association est la base du « Crina Poultry Plus » de DSM. Les huiles essentielles améliorent la digestibilité et stimulent la sécrétion d'enzymes digestives endogènes (amylase, lypase…), elles ont des propriétés antimicrobiennes, antifongiques et antiparasitaires. L'acide benzoïque provoque une acidification intestinale, il est efficace sur les bactéries Gram – type E. Coli, salmonella et campylobacter. Des essais terrain réalisés dans 10 pays de l'Union européenne, ont montré que l'utilisation de « Crina® Poultry Plus » entraînait une augmentation de 1,8 % du poids des poulets, une baisse de 2,4 % de l'indice de consommation et de 0,6 % de la mortalité.