
Lancé en janvier dernier pour une durée de quatre ans, le projet Utopige s’attaque à la prédiction de la valeur génétique des reproducteurs en production porcine et avicole. En tout, 3 000 porcs et 1 500 coqs vont être génotypés, avec en parallèle l’observation de leurs performances ou de celles de leurs apparentés dans des milieux différents.
« Les conditions d’élevage, mais aussi l’alimentation ou le climat peuvent inhiber l’expression du potentiel génétique. Il est donc essentiel d’étudier des populations de référence en milieu de production, afin de prédire les valeurs génétiques qui vont à terme s’exprimer dans ce milieu », note Pascale Le Roy, cher-cheur à l’Inra, qui coordonne le programme.
Génomique pour l’odeur de verrat
Les partenaires souhaitent mesurer un maximum de caractères dans les deux espèces. Concernant la partie avicole, les performances de 20 000 filles croisées vont être mesurées sur un élevage avec un aliment de type États-Unis, et 20 000 filles sur un autre élevage avec un aliment de type Inde. Les pleines soeurs des coqs vont aussi être observées.
En porc, des verrats Piétrain - pur ou croisés Large White ou autres races - vont faire l’objet de mesures complètes (GMQ, conformation, qualité de viande...) à l’unité expérimentale du Rheu. « Les porcs seront tous des mâles non castrés car nous souhaitons également avoir une approche génomique concernant les odeurs sexuelles à la consommation. »
Utopige va donc apporter les informations nécessaires à la mise en place d’une sélection génomique en porc et poulet. Le progrès génétique attendu sur ces espèces au cycle court sera généré par une meilleure précision de la valeur génétique, grâce aux équations de prédiction qui vont sortir de l’étude. « Le gain génétique ne sera pas lié à la diminution de l’intervalle de génération – comme c’est le cas en bovins – déjà réduit au minimum (sauf en poules pondeuses). » Par contre, comme chez les bovins, les candidats à la sélection ainsi que les caractères analysés seront plus nombreux.
Résistance aux maladies, efficacité alimentaire
« De nouveaux caractères non mesurables actuellement en routine vont pouvoir être pris en compte en sélection génomique : résistance aux maladies, efficacité alimentaire, qualité de la viande et des oeufs, viabilité des porcelets... » Du fait du coût important d’un génotypage (250 euros pour 700 000 marqueurs) par rapport à la faible valeur économique des reproducteurs, les programmes de recherche en commun représentent une voie intéressante d’optimisation économique pour les entreprises de sélection. Bioporc, Novogen et le Sysaaf (Syndicat des sélectionneurs avicoles et aquacoles français) sont d’ailleurs associés au projet Utopige, aux côtés de l’Inra et de l’Ifip. Agnès Cussonneau
La fine fleur de la sélection génomique à Rennes
Les 19 et 20 mai derniers, l’Inra de Rennes a organisé le 15e colloque QTL-MAS (évènement international annuel), en collaboration avec Agrocampus Ouest. Une centaine de participants, chercheurs et universitaires, industriels et représentants des filières animales et végétales, était attendue. Ce colloque est dédié à la méthodologie pour la détection de QTL (les zones du génome qui influencent les caractères) et la sélection assistée par marqueurs.