
Un antibiotique intramammaire peut être administré au tarissement pour deux objectifs. Le premier est de guérir les infections subcliniques aux staphylocoques et streptocoques (vaches leucocytaires). Les antibiotiques disponibles sur le marché ne peuvent guérir respectivement que 50 à 75 % de ces infections chroniques. Le deuxième objectif est de protéger contre les nouvelles infections des premières semaines du tarissement.
Comment ça marche ?
L’excipient sert de support à l’antibiotique. Il permet de le véhiculer dans le quartier lors de l’administration puis de le faire diffuser lentement. En effet, pour être efficace, l’antibiotique doit atteindre une certaine concentration et y rester le plus longtemps possible.
L’antibiotique diffuse ensuite dans les sécrétions mammaires et plus ou moins profondément dans le parenchyme. Il agit contre les bactéries qu’il rencontre au passage. Cette diffusion varie d’un antibiotique à l’autre et conditionne son efficacité, notamment contre les infections aux staphylocoques profondément enkystés.
Avec le temps, l’antibiotique est dégradé et éliminé. Il reste cependant détectable jusqu’à 7 à 10 semaines, sous forme de résidus. La fin du tarissement n’est cependant pas protégée car l’antibiotique n’est plus présent en quantité suffisante pour agir efficacement contre les nouvelles infections. Ceci justifie d’ailleurs dans certains cas l’utilisation d’obturateurs et l’hygiène du logement des vaches taries.
Protéger le consommateur
Il faut éviter au consommateur d’avaler des molécules actives contre les bactéries : les antibiotiques ou leurs résidus, aussi nommés inhibiteurs. Ainsi, pour pouvoir être livré à la consommation humaine, le lait ne doit pas contenir d’antibiotiques au-dessus du seuil de risque toxique : la Limite maximale de résidus (LMR). Pour obtenir l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) du médicament, les laboratoires doivent donc vérifier cette quantité de résidus.
Normalement, après une durée de tarissement classique et la période colostrale, il n’y a plus de résidus et le lait peut être livré. Le temps d’attente est donc nul : 0 traite. Cependant, les indications portées sur les notices et les boîtes peuvent prêter à confusion et les laiteries rapportent certaines erreurs. Des inhibiteurs sont alors retrouvés dans le tank et le lait livré doit être détruit.
Source : GDS de Bretagne
Photo : Pour pouvoir être livré à la consommation humaine, le lait ne doit pas contenir d’antibiotiques au-dessus du seuil de risque toxique (LMR).
Éviter les risques en 6 étapes
• Identifier les vaches taries.
• Considérer une période sèche de référence de 6 semaines. En deçà, il faudra tenir compte du temps d’attente lait indiqué pour tarissement court. Les notices considèrent généralement un minimum de 4 à 6 semaines. Attention, parfois l’indication reste floue : « en cas de vêlage prématuré », « parturition prématurée » ou « de tarissement court ».
• Le temps d’attente lait à retenir pour un vêlage à terme est de 7 jours après le vêlage (cela correspond à la durée de la période colostrale). Pourtant, il est souvent indiqué de façon confuse : « 0 jour » ou « zéro jour après la période colostrale si le vêlage n’est pas prématuré ». Et le décret du 07 janvier 1971 précise bien que ne peut être considéré comme lait propre à la consommation humaine « le lait provenant d’une traite opérée moins de sept jours après le part, et, d’une manière générale, le lait contenant du colostrum ».
• Vérifier à partir de quand débute le temps d’attente. Cela peut être « après traitement » donc le moment de l’application intramammaire, « après vêlage » ou encore « à partir de la fin de la période colostrale ».
• Respecter la durée ainsi définie, qu’elle soit indiquée en nombre de jours ou de traites. S’il n’y a qu’une seule traite le dimanche, les résidus ne sont pas éliminés avec le lait comme lors de deux traites : il faut donc ne décompter que
1 traite. Avec un robot, le nombre de traites par vache est en moyenne supérieur à deux par jour. Cependant, la vitesse d’élimination des principes actifs nous permet de considérer qu’un jour de traite robotisée compte pour 2 traites de traitement.
• En cas de tarissement de moins de 6 semaines : faire vérifier par la laiterie l’absence de résidus à la fin de la durée du temps d’attente indiquée par le fabricant et avant de remettre ce lait dans le circuit général.