
À 20 ans, Cédric Cochon, étudiant en BTS 2 – Acse au Lycée des Vergers, à Dol de Bretagne, voue une réelle passion à l’élevage, à la génétique et plus particulièrement à la Normande. « Je préfère les animaux au matériel et j’aime l’ambiance des concours. » Il reconnaît « être tombé dedans dès son plus jeune âge. » Les parents, Pierrick et Thérèse, éleveurs à Saint Germain en Coglès, en Gaec avec son frère aîné, Emmanuel, fréquentent aussi assidûment les concours depuis une vingtaine d’années. « Au départ, explique Thérèse, à l’occasion d’un comice qui s’est déroulé sur l’exploitation. » Et de fil en aiguille, l’élevage participe au départemental, au Space et au salon à Paris. L’élevage a ainsi glané quelques prix de sections, notamment un 1er prix à Paris avec la vache Bermudes.
Le milieu des concours qu’il fréquente régulièrement n’a donc plus beaucoup de secret pour lui. Il a eu l’occasion de présenter des animaux du troupeau familial ou pour d’autres éleveurs, mais il reconnaît préférer la préparation et le dressage. « Emmanuel est plus doué que moi pour faire évoluer les animaux sur le ring. » Cédric a d’ailleurs effectué un stage de préparation des animaux, à destination des jeunes, organisé par le syndicat de race.
Pour Cédric, observer un animal avec ses qualités et ses défauts est devenu un réflexe naturel. « Je suis assez observateur et curieux. Et dans un élevage, dès lors que je vois un animal, je suis tenté de regarder ce qu’il a de bon ou de moins bon. » Avec ses copains de Lycée, passionnés comme lui de concours, et dont les parents sont éleveurs dans différentes races, le tour du cheptel fait partie du rituel. Il a également participé dans le cadre de sa formation avec deux autres étudiants au Trophée des Lycées du salon de l’agriculture pour un PIC (Projet d’initiative et de communication). « On devait créer un blog, une affiche, clipper une vache et la présenter sur le ring en Français et en Allemand. » De même les années passées, il a concouru pour le Trophée du meilleur pointeur de la race. Et s’est distingué à deux reprises, obtenant notamment le titre de Champion de France.
Justifier par le commentaire
C’est d’ailleurs, lors de cette épreuve de meilleur pointeur qu’il a commenté pour la première fois sur un ring. « J’ai senti que j’aimais cela ». Pas étonnant donc, qu’il ait été repéré pour devenir juge. « On m’a proposé d’assister un juge, (l’un de ses anciens maîtres de stage) pour un comice. » Une bonne expérience qui permet de former l’œil au jugement. « C’est différent du regard en troupeau. Il y a la préparation en plus et sur un ring, un espace assez réduit. »
Pour autant, il ne se dit pas trop stressé d’évoluer sur le ring. « Il faut justifier ses choix et les expliquer en fonction des critères que l’on a retenus. Certains sont plus morphologie, d’autres plus caractères laitiers. » Alors quand on l’interroge, sur ce qu’est une bonne Normande, il n’hésite pas. « Une bonne Normande, c’est une vache qui a de bons aplombs, une très bonne mamelle, notamment au niveau des attaches, et bien équilibrée. Un animal solide au niveau du dos, avec du gabarit, sans tomber dans la démesure. » Il apprécie aussi, les animaux qui ont du style sur un ring et de la prestance au moment de la présentation. Pierre Dénès
Photo : Cédric Cochon voue une réelle passion à l’élevage, à la génétique et plus particulièrement à la Normande.
Les juges de demain aux Terralies
Dans un souci de disposer de nouveaux juges pour les concours de la race, les responsables de l’organisme de sélection Normande repèrent des éleveurs ou passionnés de la race, susceptibles d’officier sur les rings. Ils bénéficient d’une formation pour acquérir à la fois les repères techniques, la stratégie de communication et d’explication des choix effectués et des exercices pratiques en situation… Ayant déjà validé leurs capacités techniques, 9 d’entre-eux vont participer à une session complémentaire de formation, dans le cadre des Terralies à Saint Brieuc. Le samedi 28 mai, il s’agira d’une formation théorique axée sur la communication, et le dimanche matin 29, ils seront en situation avec animaux, éleveurs et public. Ils devront juger des animaux préparés pour les concours et mettre en pratique leurs connaissances, c’est-à-dire faire des choix et les commenter. Ce sont donc les juges de demain car à l’issue de la formation, ils rejoindront le contingent de ceux amenés à juger comme titulaires ou suppléants des concours départementaux, des régionaux ou interrégionaux du type Space et des Nationaux.