Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°11870 |
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Ille et Vilaine (35)
La culture de l’herbe à l'EARL Roussel JL
 

De l’herbe oui, mais avant tout pâturée et sous forme de foin. Sur l’exploitation de Jean-Louis Roussel, le vert fourrage n’est pas conservé en ensilage : « assez coûteux et gourmand en main d’œuvre. » Seules quelques balles d’enrubannage sont généralement réalisées. « Je préfère acheter de la luzerne et des compléments au maïs, dont le silo est ouvert toute l’année », précise l’éleveur qui partage sa SAU de 58 ha en 30 ha de prairies, 20 ha de maïs ensilage et 8 ha de maïs grain (des parts ensilage – grain variables selon les années). La moyenne d’étable des 55 vaches laitières (Prim’Holstein) se situe entre 8 000 et 9 000 kg.


Des prairies exclusivement pour le pâturage


Sur les 30 ha de prairies, 11 ha sont strictement réservés chaque année au pâturage des vaches laitières, aucune fauche n’y étant effectuée. Ces surfaces sont divisées en 12 paddocks dans lesquels les vaches reviennent tous les 30 jours. « J’utilise un fil avant dans les paddocks de 2 ou 3 jours », note Jean-Louis Roussel qui profite souvent du déplacement du fil pour ôter le rumex à la bêche.
Une partie des adventices - orties notamment - est également maîtrisée par le passage de l’ébouseuse, dont la mission première est de limiter les refus et d’étaler la matière organique. « Elle est passée à chaque sortie de parcelle, au maximum 7 jours après le départ des vaches. » La campagne de pâturage des vaches débute autour du 24 mars. Vers le 8 – 10 avril, les logettes sont fermées, jusqu’à mi-octobre.
Le complément de ration à base de maïs est distribué par automotrice en Cuma. Les vaches y ont accès le matin et un peu le soir, après la traite. « Selon les refus, j’ajuste la quantité qui sera donnée le lendemain. » Le matin, les vaches rejoignent les parcelles vers 10 h et ne font plus d’aller-retour dans le bâtiment, « pour bien valoriser l’herbe. » Pour valider la bonne alimentation de ses bêtes , l’éleveur a un truc : « Deux heures après leur entrée dans
le pré, tout le monde doit être couché. »
Souhaitant se simplifier la vie, l’éleveur a installé l’arrivée d’eau par tuyaux progressivement sur toutes les pâtures des vaches, avec un flotteur qui est déplacé de bac en bac. Les chemins sont assez larges et l’accès à la stabulation a été empierré. Implantées en RGA – trèfle blanc, les pâtures des vaches ne reçoivent pas d’engrais, sauf parfois un peu d’ammonitrate en fin de « carrière. » Elles sont retournées tous les 8 – 10 ans. « J’effectue par contre des chaulages réguliers sur les prairies. »
Pour la fauche, l’éleveur cultive près de 7 ha de parcelles en association ray-grass hybride – trèfle violet, qui permettent en général deux coupes de foin (220 à 250 bigs de 300 kg), une coupe d’enrubannage fin septembre, et du pâturage ensuite. Recevant du lisier deux fois par an en février et juin, ces surfaces génèrent une production supérieure à 10 t de MS/ha en année normale. Du fait des bons rendements, le producteur devrait pousser la rotation à quatre ans – plutôt que trois préconisés sur ce type d’associations.


Toutes les génisses élevées


Près de 10 autres ha servent au pâturage des génisses (et des réformes), implantés en fétuque-trèfle blanc « pour assurer une bonne croissance. » Là, un seul apport de lisier est réalisé en février. « Pour les génisses, je n’utilise pas de fil avant en général ». Le retournement devrait se faire tous les dix ans environ. L’exploitation compte aussi trois hectares de prairies naturelles. « En dehors de ces trois ha, le rendement global de l’herbe se situe à 7 – 8 t de MS/ha en général. »
L’éleveur a fait le choix d’élever toutes les génisses qui valorisent bien le pâturage - 12 à 15 jeunes vaches sont vendues tous les ans. Par contre, suite aux conseils d’un nutritionniste, les vaches taries ne pâturent plus, mais sont nourries avec une ration à base de paille et maïs. « Cela m’a permis de réduire les problèmes de fertilité et au vêlage », se satisfait l’éleveur. Agnès Cussonneau


Photo : Jean-Louis Roussel cultive près de 7 ha de parcelles de fauche, en association RGH – trèfle violet. Le rendement y est supérieur à 10 t de MS/ha.





Au programme des « Matinales de l’herbe »


La Chambre d’agriculture 35 organise « Les matinales de l’herbe » sur quatre exploitations. Les techniciens souhaitent mettre en avant l’importance de la valorisation de l’herbe, quelle que soit sa part dans l’exploitation. En plus des témoignages, des ateliers permettront d’aborder différents thèmes : organisation du pâturage, stocks d’herbe pâturée, gestion des fauches, espèces et variétés...
Le 31 mai à 10h :
•EARL Tual, Le Clos Maugendre à Visseiche - « Produire du lait à l’herbe » - 58 ha, 47 VL, 8 500 kg/VL, 45 ares d’herbe pâturée/vache, silo de maïs fermé pendant plus de 100 j.
•Gaec Le Sillon, La Mettrie à Mordelles - « Valoriser au maximum la surface en herbe » - 77 ha SFP, 33 vaches all., 52 VL à 9 000 kg/VL, 33 ha d’herbe pâturée, concilier pâturage et 100 % d’IA en Limousine, prairies humides
Le 16 juin à 10 h :
•EARL Roussel JL, La Fauvelais à Saint-Germain-en-coglès - « Cultiver la prairie » (voir article)
•Stéphane Brizard, Cicé à Bruz - « Optimiser le pâturage grâce aux vêlages groupés » - 75 ha, 33 VL, 8 750 kg/VL,
35 ares/vache, silo de maïs fermé pendant 100 j., monotraite en été pendant 50 j.
Contact : 02 23 48 26 80.



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Date de l'article : semaine du N° du 13 au 19 Mai 2011
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