
La Pie-Rouge est entrée dans l’élevage du Gaec de Convenant Mazéo à Langoat au moment de l’installation de Pierrick avec ses parents, Marie-André et Hubert Le Roux. « Jusqu’en 2005, nous n’avions que de la Prim’Holstein pour réaliser notre référence ( à l’époque de 250 000 litres) », précise le jeune éleveur. La rallonge de quota à l’installation imposait de conforter le troupeau.
Pourquoi la Pie-Rouge ?
« Le niveau de l’étable en Prim’Holstein était bon, mais nous recherchions à rétablir les taux qui s’étaient effectivement dégradés au fil des années. Tout ceci sans perdre trop de lait et en privilégiant des vêlages assez jeunes -24, 26 mois ». La première acquisition les séduit. « Nous avons eu de la chance d’acheter 5 bonnes génisses dans un élevage du Morbihan (Rémi Riou à Cléguérec). Elles se sont rapidement intégrées au troupeau ». Cette première expérience jugée positive les poussera à accentuer cette orientation. « Nous avons ensuite acheté des génisses de 8 - 15 jours chez un éleveur (Michel Thébault de Tramain – 22). L’éleveur avait des animaux avec un bon potentiel. Un peu plus tard sur Carnoët (22) au moment d’une cessation d’activité (Elevage Le Duigou), des génisses pleines et des vaches en lait complètent les achats. »
L’équilibre dans la diversité
Petit à petit s’est ainsi constitué le noyau Pie-Rouge de l’élevage, à partir des trois exploitations avec des profils diversifiés. « De la génétique reconnue à Cléguérec ; un bon potentiel avec des gabarits moyens et de la rusticité pour les animaux issus de l’élevage de Tramain ; de bonnes mamelles et du gabarit à Carnoët », commente Pierrick. L’éleveur ne recherche d’ailleurs pas forcément la vache d’exception. « On est toujours content d’avoir une bonne vache, mais notre objectif, et c’est sur cela que nous travaillons, c’est de préserver un équilibre entre les différents critères : lait, taux, morphologie et fonctionnels. La vache qui produit et qui vieillit bien ».
L’avantage de disposer de trois origines, avec leurs spécificités, est évidemment de pouvoir s’appuyer sur une palette de taureaux plus large, « car en fonction de l’origine nous recherchons à améliorer tel ou tel type de caractère ». En relation avec le technicien de France Pie Rouge, Olivier Catros, l’élevage réalise son plan d’accouplement en utilisant les taureaux les mieux adaptés à chaque vache. « Tenter de gommer certains points faibles, sans dégrader les qualités ». Sur la dernière campagne, les taureaux les plus utilisés ont été : Jérudo d’abord pour les fonctionnels, un taureau par ailleurs très complet ; Tableau, moins puissant, mais améliorateur en mamelle et en aplombs. Il a également inséminé avec des doses d’Eto, un taureau génomique.
Objectif atteint
Pas de regrets donc pour les éleveurs, satisfaits de leurs choix. Ils disposent désormais d’un troupeau d’une soixantaine de laitière au 2/3 en Prim’Holstein et 1/3 de Pie-Rouge pour une référence avoisinant les 500 000 litres. Chiffres à l’appui, Pierrick illustre la situation. « Nous adhérons aux deux organismes de sélection (OS) et avons de fait les éléments de comparaison ». Le dernier bilan laisse apparaître pour le troupeau de Pie-Rouge une moyenne de 9102 kg avec un TB de 43,7 et un TP de 33,6, et pour la Prim’Holstein une production de 9260 kg avec un TB de 39,6 et un TP de 32,1. « Les objectifs que nous nous étions fixé, redresser les taux moyens, et maintenir un bon niveau de production sont donc atteints ». Pierrick rajoute : « Sur la dernière campagne, les taux ont permis un bonus financier de 10 200 euros ». Ce qui est loin d’être négligeable.
Cette passion de l’élevage et l’intérêt porté à la génétique l’a aussi conduit à fréquenter les concours. Le comice du canton d’abord. « Il y a un comice de qualité sur le canton de Tréguier et une bonne ambiance, avec pas mal de jeunes éleveurs ». Les Terralies ensuite. « Ce sera notre 5e participation », souligne Pierrick. L’élevage a participé deux fois au Space et au National de Quimper. À la fin du mois, il sera présent à Saint Brieuc avec deux animaux, Violette, meilleure mamelle adulte des Terralies 2009, à son 6e veau, et sa fille Far West qui concourra dans la catégorie des génisses. Petit regret : « Violette est tarie. Or c’est la mamelle son point fort ». Mais Pierrick ne fait pas du résultat une fixation, car cette participation aux Terralies va au-delà des concours. « J’y vais pour le plaisir, la convivialité, la rencontre avec d’autres éleveurs. C’est aussi l’occasion d’expliquer notre métier aux citadins qui visitent le salon », conclut l’éleveur.
Pierre Dénès
Photo :Pierrick Le Roux apprécie la Pie-Rouge, ici avec Violette, meilleure mamelle adulte des Terralies 2009. Elle sera au national. Un seul regret pour l’éleveur, la vache est tarie.
Concours national Pie-Rouge des Terralies
C’est la 2e fois que le concours national Pie-Rouge se déroule dans le cadre des Terralies. 90 animaux de la race sont attendus pour cette édition 2011. Les bovins proviennent des régions Bretagne, Normandie et Pays de la Loire. Répartis en 10 sections : 8 vaches et 2 génisses, les jugements se dérouleront le samedi 28 mai :
- sections de 9h à 12h30
- prix spéciaux et championnats de 14h00 à 17h00
- Défilé des champions le dimanche après-midi
Le concours sera jugé par Alain Hogge, juge international belge