
Dans un contexte environnemental contraignant et face à la hausse du prix des engrais, la valorisation des effluents organiques est un enjeu important. La qualité et la précision de l'épandage au champ dépendent du matériel utilisé. La station des Cormiers (35) teste et analyse les performances des matériels depuis 10 ans. Pierre Havard, son responsable, analyse les caractéristiques auxquelles doit répondre ce matériel, en distinguant l’utilisation individuelle et la prestation de service par la Cuma ou l'entrepreneur.
Facile à régler
« L'agriculteur qui utilise un épandeur à titre individuel demande un matériel simple, entraîné par le tracteur de l'exploitation (de 120 à 140 cv), qui soit simple à régler et facile à nettoyer », résume Pierre Havard. Cet épandeur rustique, d'une capacité de 12 à 15 m3 est souvent équipé de hérissons verticaux ou d'une table d'épandage pour les fumiers de volailles, afin d’améliorer la répartition.
« Lors des négociations de prix, le choix porte souvent sur des pneumatiques qui sont sous-dimensionnés », estime le technicien. « Avec l'augmentation de la taille des épandeurs, un essieu supporte souvent 12 à 15 m3 , soit 15 à 20 t de poids roulant. » Dans ces conditions, le fort effet de tassement génère ensuite l'utilisation d'un fissurateur. « Sous-dimensionner les pneumatiques est une fausse économie. »
Au démarrage de l'épandage, la répartition longitudinale est souvent régulière. « Puis, le fumier se répartit dans la caisse et l'agriculteur règle tant bien que mal la vitesse d'avancement du tapis, sans repères précis. »
Panneau poussoir
Un constructeur de l'Est, Buchet, a mis au point un panneau poussoir qui se déplace au fur et à mesure de l'avancement du tapis. « La masse de fumier reste compacte et l'épandeur peut répartir le produit aussi régulièrement qu'un épandeur d'engrais. » Une avancée qui intéresse tous les constructeurs.
La répartition transversale du fumier n'est pas la même en présence d'un fumier lourd et pailleux ou d'un fumier léger de volailles. « La table d'épandage améliore l'opération mais l'agriculteur se pose souvent la question : comment croiser les passages pour avoir une répartition régulière ?
La réponse n'est pas facile car ce que l'on voit à l'œil ne correspond pas à la pesée », estime Pierre Havard. « Et du haut du tracteur, on voit mal s'il y a surdose ou un trou. Des travaux sont encore nécessaires pour améliorer cette répartition transversale du fumier et mieux préciser les largeurs de travail. » Le GPS peut apporter une aide pour éviter les excès de recroisements.
Retour aux caisses larges
Chez les prestataires de services (Cuma, ETA), on observe aussi une forte augmentation de la taille des épandeurs : en moyenne 15 à 20 m3 avec une traction de 150 à 200 cv. « Pour ce volume, il n'est pas possible de prolonger la caisse étroite (plus favorable en consommation d'énergie) car il faudrait une trop grande longueur et de multiples essieux suiveurs. On observe donc un retour à la caisse large qui avait été abandonnée il y a quinze ans. » Dans le cadre de leur label Qualiterritoire, les prestataires ont souvent la volonté de proposer des prestations de qualité : maîtrise de la dose et travail rapide.
« Le système de pesée intégrée permet d'être rigoureux. » Sur certains modèles, une première pesée est effectuée en début de chantier, l'épandeur parcours 50 m puis repèse le contenu, ce qui permet de corriger le calage de la dose. « Ces nouveaux matériels sont précis et les interfaces permettent d'avoir une tracabilité. » L'augmentation de la capacité est souvent associée à une recherche de productivité du travail. De nouveaux épandeurs sur suspension hydractive peuvent travailler à 25 km/h en fumier de volaille. La vitesse de travail est doublée et les coûts sont réduits d'autant. Patrick Bégos
La mécanisation de demain
Portes ouvertes à la station de St-Aubin-du-Cormier (35)
24 et 25 mai de 9h 30 à 17 h.
• 10 h-11 h : conférence
• 11h -15 h : 6 ateliers Défis agronomiques, dont produire de l'énergie dans les parcelles, réduire l'utilisation des phytos, maîtriser les consommations de carburant…
•15h-17 h : démonstrations de désherbage mécanique, nouveaux matériels d'épandage, réduction de consommation et conduite économique.
Inscription gratuite au 02 96 79 21 66