
« Nous souhaitions trouver une solution alternative au chauffage électrique, sans être dépendants d’intrants, tels que le bois ou les granulés », indique Bruno Helo, à la tête d’un élevage de 270 truies, avec son frère Mickaël, à Cléguer. « La conception de nos bâtiments ne permettait pas l’installation d’échangeurs d’air. Nous nous sommes donc intéressés à la géothermie, sur les conseils de Bernard Brogard, technicien bâtiment à Triskalia ». Prudents, les deux frères ont, dans un premier temps, équipé l’une des quatre salles de post-sevrage (PS), de 200 places, d’un chauffage géothermique. « Afin d’évaluer l’économie, nous avons choisi deux salles identiques, qui accueillent une bande complète de 400 porcelets. Nous avons installé deux compteurs électriques, un pour la salle équipée de radiants électriques, l’autre pour la salle bénéficiant de la géothermie ». Ces compteurs ont parlé. Depuis l’installation en septembre 2010, 7 000 kWh ont été économisés dans la salle « géothermie ». « 700 € pour 9 mois de fonctionnement. » Les 5 000 € d’investissement (hors terrassement), auxquels ils convient de retrancher 1 600 € de subventions, seront amortis en 3 à 4 ans.
Conditions de travail améliorées
L’installation du système s’est faite en deux jours. Le capteur extérieur, de type horizontal, capte l’énergie du sol, le compresseur la transfère vers une batterie à air, traitée spécialement pour l’air ammoniaqué, et la chaleur est répartie de manière uniforme dans la salle par un aérotherme. « L’absence d’eau, de glycol et d’électronique limite le risque de panne », assure Anthony Le Maguer, directeur d’Ecotechnique, concepteur du projet. La régulation des températures a été reprise sur les tableaux existants.
« Le système assure un confort de travail : absence de radiants lors des lavages et des désinfections, pas de risque de chocs électriques puisque les prises ne sont plus en place », se satisfont les éleveurs. Le séchage des salles est facilité grâce au ventilateur. Contrairement au système radiant, la température est homogène dans toute la salle et l’ambiance semble meilleure, aux dires des éleveurs. Les autres salles de PS et la nurserie (sevrage 21 j) seront prochainement équipées du système. L’économie annuelle de chauffage devrait avoisiner 4 000 €. « Il est préférable de prévoir plusieurs petits générateurs (un pour une ou deux salles) qu’un seul de capacité importante pour l’ensemble du bâtiment », selon l’installateur. Une panne éventuelle serait plus facile à gérer. Ce système géothermique pourrait se développer en élevage porcin, pour chauffer les salles de PS, qui représentent près de la moitié de la consommation électrique, et les maternités.
Bernard Laurent
Photo :Mickaël Helo, éleveur, Anthony Le Maguer, directeur d’Ecotechnique, et Marine Nevanen, stagiaire dans la salle de post-sevrage chauffée en géothermie.
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