Le contexte économique de la production ovine reste bon avec des prix 2011 comparables, voire supérieurs à ceux de 2010. « Fin avril, le prix de base de l'agneau se situait autour de 6,35 €/kg, » souligne Yannick Gargasson, président de Bergerie de Bretagne.
« Près de 6 agneaux sur 10 entrent dans la démarche CCP de SVA "Agneaux de nos régions" », précise Jean-Yves Renault. Un taux qui progresse d'une année à l'autre. « Cette démarche apporte une plus-value aux éleveurs. » En effet, la prime qualité ANR est de 0,30 €/kg à laquelle s'ajoute la prime de désaisonnalité (de 0,10 à 0,40 €/kg selon les périodes de l'année). Les agneaux certifiés répondent à des cahiers des charges précis, avec des normes d'âge (moins de 6 mois), de poids de carcasse (moins de 20 kg en race prolifique), de conformation (URO), d'état d'engraissement, de couleur, de fermeté et de tenue du gras. « 76 % des agneaux présentés par les adhérents de Bergerie de Bretagne obtiennent la certification. » L'âge est le premier motif de refus, suivi des critères de gras et de poids.
Eviter le gras
L'état d'engraissement a une incidence économique forte. « Un agneau de 18 kg classé R3 (conformation R et état d'engraissement 3) sera par exemple valorisé à 108 € contre 86 € pour le même agneau classé R4 », précise Coralie Chaumeny. À cette différence de 22 €, « il faut rajouter de 5 à 12 € pour la perte de certification et un coût alimentaire d'environ 0,34 € / j. » Sur ces bases, dans un élevage commercialisant 350 agneaux, dont 10 % seraient classés R4, la perte peut atteindre 1 000 € / an. « Des solutions existent pour réduire la proportion d'agneaux gras », poursuit-elle. « Peser et trier régulièrement ses agneaux en lots de mâles et de femelles ou de gros et de petits, avec un accès différent à l'alimentation. » Si le bâtiment le permet, le rationnement est une bonne pratique.
Le poids à la naissance
Plusieurs critères influencent la qualité de la carcasse. D'abord la race et le sexe. Une femelle de race anglaise sera plus grasse qu'un mâle Texel. Le poids à la naissance est un élément important, d'où l'intérêt d'avoir des agneaux d'un poids suffisant, en préparant les brebis avant la mise-bas.
L'alimentation a un impact fort sur l'engraissement des agneaux. L'aliment doit être renouvelé régulièrement, le fourrage mis à disposition en apport quotidien (au minimum 20 % de la ration), avec de l'eau propre et de l'argile (kaolin) en libre-service. Sanitairement, les agneaux seront protégés par un traitement anti-coccidien et un vermifuge. Patrick Bégos