
Après la phase « n° 1 », entamée en 75 avec le plan de sauvegarde de la race, c'est désormais la phase « n° 2 » qui est en route, au sein de la race Bretonne Pie Noir. Celle de la communication autour des atouts de la race, comme l'explique Cédric Briand, Président de l'Union Bretonne Pie Noir. « La vache n'est plus en danger génétiquement. Maintenant nous voulons lui donner de la crédibilité, développer la communication, les formations… »
À ce jour, à peu près 300 personnes sont propriétaires de Pie Noir, avec 1 600 femelles détenues (à 88 % en Bretagne et Loire-Atlantique). Parmi eux, environ une trentaine d'éleveurs professionnels possèdent 40 % du cheptel. L'effectif d'éleveurs est globalement stable, avec trois installations en 2010, soit un score classique. « Nous espérons un nombre d'installation annuel un peu supérieur, mais le souci reste l'accès au foncier », regrette Cédric Briand.
18 ha chez les Le Hir
Véronique et Gaby Le Hir, pour leur part, sont installés à Plounéour-Ménez (29). Le choix de la race a été effectué dès l'installation, en 2003. Aujourd'hui, la structure compte 18 ha dont 16,5 en herbe, et un quota de 36 000 litres produit par 12 vaches et entièrement transformé sur place (fromages, fromage blanc, crème fraîche). Les produits sont commercialisés à la ferme, en magasins bio, au Centre des congrès de Plounéour, au marché de Morlaix ou encore au sein de trois restaurants dont le renommé Ruffé à Brest. Véronique a récemment rejoint son mari sur l'exploitation et s'occupe de la transformation. Tous deux viennent d'investir environ 100 000 € dans un bâtiment et une fromagerie (avec autoconstruction) sur le site qu'ils ont acquis en 2008. Un système de petite taille et mettant l'accent sur la valorisation des produits, qui s'avère représentatif des élevages de la race.
Une mise en réseau
Pour mutualiser les expériences de ses éleveurs, les responsables de la Bretonne Pie Noir se donnent un autre objectif : le travail en réseau, au sein de la race mais aussi avec d'autres partenaires. Une Fédération des races bretonnes (pas que bovines) vient ainsi d'être mise sur les rails, pour créer une plus grande synergie des actions sur le territoires. Prochain rendez-vous : le 22 octobre, au Faou, une journée « races locales » sera organisée. L'occasion, entre autres, de lancer officiellement la Fédération. Anne-Laure Lussou
Photo : Véronique et Gaby Le Hir (assis), chez qui avait lieu la visite de l’assemblée générale, mercredi 4, avec le Président de l'Union, Cédric Briand et Jean Sergent, du Parc naturel régional d'Armorique.