
« Il y a quelques semaines, les principaux enjeux de l'agriculture européenne et française étaient abordés à Saint-Malo durant le 65e congrès de la FNSEA. À l'occasion de cette session, c'est comme si nous prolongions le trait pour dessiner les contours de l'agriculture que nous voulons voir réussir dans notre département », indiquait le président de la Chambre d'agriculture Joseph Ménard, lors de la réunion du 29 avril consacrée au Plan agricole départemental (PAD). « Ce Plan ne peut pas être étranger au projet régional, mais il n'est pas non plus sa copie conforme », ajoutait-il. Élaboré suite à l'évaluation du PAD précédent, ce nouveau plan doit, avant mise en place, être validé par le préfet. S'il s'agissait, lors de la session, de présenter son contenu, d'autres discussions stratégiques pour l'agriculture auront néanmoins lieu dans un autre cadre, celui de l'élaboration du Schéma directeur départemental des structures agricoles, comme l'ont rappelé Jo Ménard et Alain Priol (DDTM).
Ce PAD rénové s'articule autour de quatre ambitions : « développer des filières agricoles performantes, compétitives et pérennes ; promouvoir des comportements cohérents pour des chefs d'entreprise dynamiques ; développer une agriculture attractive, rémunérant ses actifs et leur offrant des conditions de vie et de travail en adéquation avec leur projet de vie ; et développer une agriculture ancrée dans son territoire, qui anime un tissu social et préserve son environnement. » Une manière d'inscrire, par les textes, que les agriculteurs d'Ille-et-Vilaine doivent pouvoir mieux vivre de leur métier. Ce, alors qu'à l'heure actuelle leur revenu moyen est inférieur au revenu moyen des agriculteurs français (et bretons des autres départements), comme l'indiquait Gilles Guillomon, secrétaire général. Parmi les enjeux clés pour les années à venir, celui d'« inscrire la profession dans la gouvernance de son territoire. Il faudra être présent dans les institutions », a insisté Maud Marguet, chargée d'études économiques à la Chambre.
L'épineux point du foncier
La gestion du foncier, bien évidemment, sera à observer de près. « L'État a peut-être des choses à revoir. On est aujourd'hui dans l'exagération », a déploré Marcel Denieul, rejoint par Jo Ménard pointant du doigt le problème des zones humides. En la matière, le représentant de la DDTM s'est néanmoins voulu rassurant : « l'État ne se désintéresse pas. Cette dimension du foncier est prise en compte dans les documents d'urbanisme avec toutes ses composantes », a fait valoir Alain Priol.
Au final et suite à des échanges aigres-doux entre syndicalistes majoritaires et minoritaires, c'est à l'unanimité
moins deux abstentions de la Coordination Rurale et un vote « contre », la Confédération
Paysanne, que le PAD a été adopté.
Avec un point laissé en suspens : le fait d'y inscrire, pour l'orientation du foncier, une priorité donnée à l'élevage. Une demande formulée par le président de la FDSEA René Collin, qui doit donner lieu à des discussions complémentaires.
Anne-Laure Lussou
Photo : Le secrétaire général de la Chambre Gilles Guillomon et la chargée d'études économiques Maud Marguet, lors de la présentation du PAD aux élus.