
Pas d'inquiétude à avoir, quant au bon développement du Plan bois énergie Bretagne 2007 – 2013, soit le 3e volet du programme. « Depuis le lancement de la filière en 95, il a fallu être pugnace. Mais désormais, nous avons prouvé la maturité de la filière. Elle a démontré sa fiabilité et nous n'avons plus besoin de démarcher », se félicite Gilles Petitjean, directeur régional de l'Ademe, qui finance, avec les quatre Conseils généraux et le Conseil régional, le Plan bois – énergie. Une bonne collaboration entre l'Agence de l'environnement et les collectivités publiques dont se sont réjouit les élus présents, mercredi 27 avril à Plaintel, lors de la présentation des résultats.
Plus de 300 fermes équipées
Depuis le début du troisième volet, 10 millions d'euros, auxquels se sont ajoutés quatre millions provenant du Fonds chaleur ont été alloués, sur les 17,5 prévus par le plan. 78 % des crédits ont servi à financer des chaudières, 9 % des plates-formes, 8 % l'animation et 3 % des matériels de déchiquetage. Pour le milieu agricole, « le plan bois – énergie Bretagne 2007 – 2013 a permis de doubler le nombre d'installations de chaudières en exploitations par rapport à 1996 », chiffre Marc Le Tréïs, en charge du plan au sein de l'association Aile, avec Michel Pédron. Au total, plus de 300 fermes bretonnes sont désormais équipées, mobilisant un total de 6 000 t de bois (essentiellement bocage). Si le chauffage d'une maison avec production d'eau chaude pour le foyer est l'usage le plus fréquent en la matière, le nombre de projets avec une utilisation professionnelle de la chaleur est de plus en plus important, et une marge de développement demeure.
Combiner grands et petits projets
L'enjeu, pour la filière, sera finalement de réussir à combiner le développement des «petits» projets avec ceux, beaucoup plus grands, qui se font de plus en plus nombreux eux aussi. « Trois projets de chauffage de laiterie mobilisant chacun 20 000 t de bois, ainsi qu'un projet de réseau de chaleur urbain au Sud de Rennes impliquant 115 000 t de bois, sont venus s'ajouter aux autres, fait savoir Marc Le Tréïs. Tout cela bouscule un peu le contexte. »
Sans se montrer débordés par cette nouvelle donne, les spécialistes insistent sur la nécessité, désormais, de gérer les gisements. Et en la matière, c'est surtout la filière plaquettes forestières qui est visée. « Or, pour en mobiliser ne serait-ce qu'un peu, il va falloir faire d'importants efforts », relate le chargé de mission. « Il va falloir sécuriser. Faut-il développer les cultures énergétiques ? Nous devrons aussi nous positionner sur les nouvelles technologies comme la gazéification…, » liste Gilles Petitjean. Qui note un unique bémol, dans le développement actuel de la filière : le manque de constructeurs français dans les domaines des chaufferies bois et matériels associés.
Anne-Laure Lussou
Photo : Gilles Petitjean (Ademe), Hervé Prima (Aile), et Daniel Croizé, directeur de l'établissement public social et médico-social de Plaintel, qui vient de mettre en place une chaufferie bois.