
Les conditions sèches de ce printemps ne sont pas actuellement favorables au développement de l’anthracnose, mais le botrytis est présent depuis plusieurs semaines sur les cultures de féverole d’hiver. Les conditions climatiques durant la floraison seront déterminantes sur la pression de maladie et la nuisibilité potentielle.
L'anthracnose sur pois
Sur pois, le risque essentiel est celui de l’anthracnose qui se manifeste par un noircissement de la base des tiges et la montée des ponctuations sur le feuillage et les gousses. La maladie ne se développe qu’en condition pluvieuse qui fait progresser l’inoculum sur les étages supérieurs des plantes. En cas de forte attaque, la perte de rendement en l'absence de traitement peut atteindre plus de 20 q/ha.
Le produit de base des traitements reste le chlorothalonil. Cette matière active présente un bon rapport qualité/prix. La dose ne doit pas être inférieure à 1 000 g/ha de chlorothalonil lorsque le produit est utilisé seul. Certains produits associent le chlorothalonil à d’autres matières actives (cyproconazole, pyriméthanil).
Intervenir dès la floraison
En présence des premiers symptômes, on interviendra une première fois au stade début floraison. Sur pois d’hiver, un traitement fongicide avant début floraison et avant la fermeture du couvert est souvent rentabilisé. Le renouvellement du traitement 15 à 20 jours plus tard est fonction des conditions climatiques, notamment de la pluviométrie pendant la floraison. En pois d’hiver, 2 à 3 traitements sont, en général, bien valorisés. En pois de printemps, 1 ou 2 traitements suffiront le plus souvent.
Le botrytis et le sclérotinia sont les deux autres maladies qui peuvent causer des dégâts significatifs aux cultures de pois. Le botrytis est à surveiller particulièrement à la chute des pétales, si la floraison se déroule en conditions favorables à la maladie (humidité et température). L’intervention est réalisée avec un produit associant chlorothalonil et pyriméthanil (Walabi ou Maori à 1.5 L/ha). Le sclérotinia est plus rare mais semble en recrudescence, notamment dans les rotations avec oléagineux. Il n’y a pas de lutte possible en végétation sur pois.
Sur féverole, l’anthracnose et la rouille
En culture d’hiver, l’anthracnose est la maladie la plus nuisible. La perte de rendement peut atteindre plus de 10 q/ha, en cas de forte attaque. Elle est caractérisée par de larges nécroses arrondies en forme de brûlure de cigarette, qui finissent par trouer les feuilles. On la retrouve sur tiges, feuilles et gousses. Le botrytis, caractérisé par de nombreuses ponctuations de couleur brun chocolat, est parfois confondu avec l’anthracnose. Il n’est présent que sur feuilles et sa nuisibilité est plus faible, même si les premiers symptômes peuvent parfois être précoces.
Une intervention se justifie à l’apparition des 1ères tâches d’anthracnose, à début floraison ou au plus tard à DF + 15 jours. Banko 500 à 2.0 L/ha présente une efficacité moyenne. En cas de présence simultanée d’anthracnose et de botrytis, on utilisera un produit contenant l’azoxystrobine (Amistar à 0.5 L/ha ou Priori Xtra à 0.6 L/ha).
La rouille peut également se développer sur féverole, notamment en culture de printemps dont le cycle est plus favorable au développement de la maladie. Plusieurs produits, à base de triazole, sont autorisés et efficaces.
Michel Moquet / Arvalis