
En 2010, la production porcine française a reculé de 0,3 % relativement à 2009, à 2,286 millions de tonnes équivalent carcasse (tec) (estimations Ifip). La baisse du nombre d'animaux abattus a été partiellement compensée par l'alourdissement des carcasses. La consommation globale a légèrement augmenté, de 0,5 %, alors que le ratio de la consommation par habitant est resté stable, à 33,6 kg. Pour satisfaire la demande, les importations ont progressé de 4 % (à 616 000 tec), essentiellement en provenance des autres pays de l'Union européenne. À l'exportation, les volumes ont augmenté de 1 %, à 735 000 tec, soit presque le tiers de la production. L’excédent des échanges s'est établi 118 000 tec, en baisse de 14 000 tec par rapport à 2009. Par contre, le déficit a persisté en valeur, à 33 millions d'euros (tous produits), stable relativement par rapport à l'année précédente. Le solde déficitaire des pièces désossées s'est aggravé, de 50 millions d'euros, compensé par l'amélioration du solde des produits transformés et des pièces avec os. L'autosuffisance du marché français du porc s'est très légèrement réduite, à 105 % de la consommation, contre 106 % en 2009.
Présence accrue vers les pays tiers
De bons résultats ont été enregistrés à l'exportation vers les pays tiers en 2010. Les volumes y ont progressé de 17 % en un an pour atteindre 225 000 tonnes de produits, soit 31 % des exportations totales.
Les expéditions ont progressé de 13 % vers la Russie (2e destination des ventes françaises), de 10 % vers la Chine, 11 % vers la Corée du sud. Elles ont été multipliées par 3,5 à destination des Philippines. Ces quatre pays totalisent plus des deux tiers des volumes. Les produits expédiés vers la Russie sont pour 43 % des pièces (en progression de 23 % en un an), des lards et graisses (37 % du total, + 10 %) et des abats (19 %, stables). La Chine achète surtout des abats et des co-produits, tandis que la Corée et les Philippines sont très demandeurs de pièces congelées, parmi lesquelles les poitrines tiennent une place majeure.
L'Allemagne s'impose vers l'UE
Les produits français ont subi une érosion sur leurs marchés traditionnels au sein de l'UE, où la compétition est favorable à l'Allemagne. Vers l'Italie, notre principale destination, les produits allemands ont pris la première place en 2002, qu'ils n'ont plus quittée depuis. En 2010, ils représentent le tiers des achats italiens, en hausse de 65 % en tonnage sur la période. La part de la France s'est réduite à 15 % : 149 000 tonnes ont été vendues en 2010, soit un recul de 4 % par rapport à 2009. Les ventes françaises y sont principalement constituées de carcasses fraîches et de jambons frais. Les exportateurs allemands sont présents sur ces produits, mais développent aussi des flux de pièces désossées. L'Espagne est devenue la troisième destination des exportations françaises, avec des graisses, des abats et des longes. Stables à 50 000 tonnes, les ventes au Royaume-Uni sont composées de pièces fraîches et congelées, tandis que les Pays-Bas, l'Allemagne et le Danemark y vendent du bacon. Là aussi, l'Allemagne a développé ses ventes au cours des dernières années, jusqu'à atteindre 150 000 tonnes en 2010. Les importations de la Grèce n'ont pas bougé, à 220 000 tonnes, mais les ventes françaises (VFRC exclusivement) ont perdu 16 % (à 41 000 tonnes), en faveur de pièces désossées allemandes. À l'importation, l'Espagne con-firme sa place de premier fournisseur du marché français, avec 54% du total des produits porcins achetés en 2010. Deux tiers sont des pièces, en majorité désossées. Avec 15 %, l'Allemagne s'est hissée en seconde position, présente sur presque tous les groupes de produits. Source Ifip
Photo : Le déficit de la balance commerciale s'explique par les importations importantes de produits à forte valeur (pièces désossées et produits transformés).