
Entre 15 et 20 % des 750 exploitations agricoles du territoire de Lorient pratique la vente directe pour tout ou partie de leur production. De plus en plus nombreux à proposer aux habitants d’acheter leurs produits sur les marchés, à la ferme, dans des magasins de producteurs ou via des Amap, les agriculteurs sont tous confrontés à la même problématique : faire connaître leurs produits et éventuellement leurs fermes. « Nous avons édité des plaquettes puis des guides plus détaillés, sur papier. Nous venons de créer un site Internet où plus d’une centaine de producteurs locaux sont répertoriés. » Chaque producteur peut faire évoluer la page qui le concerne sur le site et connaître le nombre de visites. En 2010, une carte contacts de ces producteurs a été distribuée par les collectivités locales partenaires, auprès des 230 000 foyers du Pays de Lorient. En 2011, les consommateurs pourront retrouver ces contacts sur le site. « Grâce au programme Leader, nous avons trouvé des leviers pour accompagner cette initiative », note Marc Cozilis, président du Groupe d’action locale. « Nous devons soutenir la dynamique actuelle en faveur des circuits courts. » Concernant le débouché, Pascal Tocquer, en charge de l’agriculture périurbaine de Lorient, se veut rassurant : « Une étude du Credoc montre que les circuits courts ne représentent que 1 % du volume de production en France. Il semble, d’après cette étude qu’ils puissent atteindre 20 %. Il s’agit d’une tendance de fond et pas d’une mode. »
La tomme de Languidic
Sylvie et Yann Guehenec, de Languidic, font partie de ces 15 à 20 % d’agriculteurs qui se sont lancé dans la vente directe de fromages, à la ferme et sur les marchés. Ils ont créé la « fromagerie d’Eugénie », (un clin d’œil à la grand-mère de Sylvie), en 2009, après son installation (15 ans après celle de Yann) et après avoir suivi une formation à la transformation dans le Sud de la France. Les frais de fonctionnement et d’amortissement de l’atelier sont couverts par les 500 litres transformés chaque semaine. Soit 50 000 à 60 000 litres dans l’année sur les 360 000 litres produits actuellement. « L’objectif est de transformer 1 000 litres par semaine. L’activité doit dégager un salaire, à terme.» La charge de travail, supportée par le couple, va s’accroître avec l’augmentation de l’activité de transformation. « Nous envisagerons le recours au salariat, ou, éventuellement, une baisse du nombre de vaches et de la production globale. » Gageons que la présentation de l’activité sur le site Internet leur permette d’atteindre plus rapidement leurs objectifs.
Bernard Laurent
Photo : Les représentants de la Chambre d’agriculture et des élus locaux ont présenté le nouveau site web chez Sylvie et Yann Guehenec, à Languidic, la semaine dernière.