123 personnes ont contacté en 2010 l’association Agir dont la mission est d’aider à l’insertion et à la reconversion des agriculteurs. 43 sollicitaient une aide à reconversion professionnelle, 80 se renseignaient mais sans exprimer une volonté affirmée de reconversion. Sur les 80 personnes venues consulter en 2010, sans intention ferme de se reconvertir, 36 étaient des producteurs de lait, 11 des producteurs de porcs, 10 aviculteurs, 5 éleveurs de viande bovine, 2 en légumes et 1 en veau de boucherie. « Les motivations restent les mêmes d’une année sur l’autre : un choix de vie, une mise aux normes pas effectuée et qui n’est pas souhaitée, les difficultés relationnelles au sein de l’association ou familiales,
les difficultés économiques, de santé… », note Philippe Leclerc animateur. Ajoutant « Outre les problèmes économiques rencontrés dans 25 % des cas, l’accent est aussi mis sur l’aspect santé évoqué par 21 candidats. » Pour ce qui concerne les 43 personnes (29 hommes et 14 femmes,) demandeurs de l’Aide à la reconversion, on retrouve aussi des profils similaires : 23 % ont moins de 10 ans de durée d’activité, 40 % entre 10 et 20 ans, 25,5 % plus de 20 ans. Ce sont toujours les producteurs de lait les plus nombreux (44 %), mais la part des producteurs de porcs augmente (16 %). 34 % ont des capitaux propres positifs au moment de la constitution du dossier. « À relativiser toutefois car les situations évoluent rapidement ». 28 % ont des capitaux négatifs à plus de 60 000 €.
Problème financier pour 2011
Exclusivement soumise au régime des subventions de ses partenaires pour son action, l’association Agir a bouclé son exercice 2010 à l’équilibre. Mais la situation se tend pour 2011. La contribution de la Chambre d’agriculture est amenée à se réduire considérablement : 19 800 € en 2010, seulement 8 800 € en 2011 et encore moins en 2012 et 2013 où elle devrait être peu différente de zéro. Stéphane Gouault, directeur de la Chambre a donné l’explication. « En fait, la loi de modernisation de juillet 2010 a confié aux chambres d’agriculture les missions initialement dévolues aux Adasea (installation et reconversion professionnelle), mais elle n’a pas transféré les moyens financiers ». Et comme la Chambre sort aussi d’une situation tendue, elle ne peut se substituer à l’État. Le conseil d’administration d’Agir a donc décidé de présenter un budget prévisionnel en déficit de 10 000 € sur un total de moins de 70 000 €. La situation n’est évidemment pas tenable dans le temps, et les responsables vont être conduits à solliciter les partenaires historiques voire des nouveaux. Gérard Quilin et Jean Le Floc’h, représentants du Conseil général qui contribue à hauteur de 24 000 €, ont déjà prévenu. « Si un effort, il doit y avoir, il sera fonction de l’engagement des autres partenaires ». Soulignant que la collectivité départementale avait aussi ses contraintes budgétaires, en dénonçant le désengagement de l’État. Pierre Dénès
AGIR, Maison des agriculteurs à Plérin 02 96 79 22 63 ou 06 31 77 38 42. Mail : agir.le.clerc.philip@orange.fr