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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°11812 |
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L’Europe porcine tarde à harmoniser ses pratiques
 

Mercredi lors de l’assemblée générale l’Uniporc Ouest, les participants l’ont de nouveau constaté : « Il faut du temps pour aboutir à une réelle harmonisation des techniques de classement des porcs dans les abattoirs européens ». Ainsi comme l’a rappelé Gérard Daumas, Ingénieur Ifip, pour appliquer une réglementation européenne sur l’appréciation d’une carcasse, il existe au travers de 25 Etats pas moins d’une centaine de méthodes et une vingtaine d’appareils dont 4 automates. Ce qui veut aussi  dire que pour les autres appareils la composante humaine intervient. Par ailleurs les techniques de référence pour établir l’équation de prédiction du taux de muscle sont aussi hétérogènes. « Pour autant, explique Gérard Daumas, une récente étude  a montré que cette situation du classement en Europe, après correction, ne laisse pas apparaître de très grands écarts entre les principaux bassins. » Ainsi par rapport à un TMP moyen français corrigé de 60,2 on constate + 0,1 pour le Danemark (60,1), - 0,8 avec l’Allemagne (61), + 1,5 avec les Pays-Bas (58,7),
-1,8 avec l’Espagne (62). Concernant ce dernier pays, les comparaisons paraissent assez difficiles à interpréter. « C’est plus folklorique », note le représentant de l’Ifip. L’objectif est bien évidemment l’harmonisation. Gérard Daumas la situe dans une fourchette de 3 à 5 ans. Encore une fois le temps que tous les pays soient sur la même  longueur d’onde dans l’utilisation des tomographes (scanner) comme méthode de référence se substituant aux dissections de carcasses. Décidément, le chemin à  parcourir pour une vraie Union de l’Europe est long, et ce quel que soit le domaine.


L’immuno-castration fait débat


Parmi, les autres sujets abordés en marge de l’activité, l’étude pour tester l’utilisation du vaccin  d’immuno-castration (Improvac de Pfizer) comme méthode alternative à la castration physique des porcelets. Un sujet important, car à partir de 2012, il est prévu d’utiliser un analgésique pour la castration des porcelets, et l’interdiction de la castration pourrait intervenir à parvenir à compter de 2018. Or, 20 % des viandes issues de mâles entiers présentent des défauts d’odeur sexuelle à la cuisson. Pour le moment aucune méthode réellement fiable de repérage n’a permis de les identifier sur la chaîne d’abattage, surtout à des cadences élevées. L’efficacité du vaccin est certes prouvée. Certains pays dans le monde et au moins un (Espagne) au sein de l’Union européenne l’utilisent. Les risques de le retrouver dans le produit fini, dans la mesure où il a été administré dans les délais prévus par le protocole vaccinal, soit pour  la deuxième injection entre 4 et 6 semaines avant l’abattage, semblent maîtrisés. Pour autant, la filière française ne se précipite pas, car le dossier reste très sensible vis-à-vis de l’opinion publique et du consommateur. Et d’aucuns se préoccupent aussi des conséquences qui pourraient avoir une piqûre accidentelle pour un opérateur, éleveur  ou salarié. L’urgence semble donc d’attendre - « le danger est d’aller trop vite ».  La filière veut rechercher en interne comment à la fois répondre aux contraintes de cette réglementation à venir sur la castration, et ne pas heurter les sensibilités sociétales. « D’autres études sont en cours pour la détection rapide de l’odeur sexuelle des mâles entiers (Drosme) », précise Paul Pommeret, le directeur d’Uniporc. Il spécifie cependant que « la solution n’est pour le moment pas en vue ». De toute évidence, l’issue de ce dossier est certes technique, mais pas seulement. Le côté politique est tout aussi important pour ne pas créer un syndrome anti-viande porcine. Prudence donc.
Pierre Dénès


 


 






La crise produit ses effets


Si l’abattage sur la zone Uniporc Ouest est resté stable en 2010 à 20,442 millions de porcs (- 0,10 %) et pour la Bretagne - 0,05 %, la situation de début 2011 montre un fléchissement plus prononcé : - 0,43 sur le premier trimestre, et surtout un mois de mars à - 2,23 %, tendance confirmée sur avril. « Est-ce l’amorce d’une baisse de l’offre liée à une décapitalisation ? », s’interroge Paul Auffray, le président d’Uniporc. Elle corrobore  les statistiques de France Agrimer sur le cheptel reproducteur qui donnent une baisse de 7,5 % du cheptel truies, soit l’équivalent de 1,8 million de porcs sur une année. Ces chiffres ont de quoi faire réfléchir, au moment où certaines structures évoquent aussi la sur capacité
d’abattage.


 



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Date de l'article : semaine du N° du 29 Avril au 5 Mai 2011
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