Dans de nombreux secteurs, 2010 est l'année de la reprise économique, constatée au Crédit agricole d'Ille-et-Vilaine avec un produit net bancaire de 257 millions d'euros, en hausse de 3,5 % par rapport à 2009. Les responsables annoncent une relance de l'encours de collecte : +5,1 % sur un an. « L'assurance-vie est en hausse, et l'épargne type livrets, PEL, dépôts à terme... est encore plus forte, ce qui permet d'entretenir la dynamique locale », note Guillaume Rousseau, nouveau directeur général en Ille-et-Vilaine. Élan également du côté des financements. « 1,6 milliard d'euros de prêts à moyen terme ont été octroyés en 2010, dont 979 millions pour les particuliers. Cette dynamique est portée par l'habitat (+40 %). » Mais de son côté, l'agriculture a plus peiné, représentant 184 millions d'euros. « Les prêts sont en baisse de 5,4 % du fait notamment des investissements ralentis en 2010 sur les bâtiments et le matériel, et des difficultés qui persistent en porc. » Souhaitant nuancer, le Crédit agricole 35 constate de réelles difficultés sur moins de 10% des exploitations porcines. Concernant la filière laitière, « les investissements repartent. »
Besoin d'encadrement
Face à la volatilité croissante sur les marchés agricoles, les responsables soulignent le besoin d'encadrement, avec la régulation et la transparence des prix et une maîtrise de la spéculation. « Des mesures réglementaires dans ce sens doivent être prises assez rapidement. Et de nouveaux équilibres sont à trouver dans le cadre de la contractualisation », précise Guillaume Rousseau. « Le travail avec l'amont et l'aval doit se poursuivre », ajoute Alain David, président du Crédit Agricole 35. Aux yeux des banquiers, les assurances (récolte, revenu) sont des outils intéressants pour mieux gérer le risque : « nous sommes prêts, mais la solidarité nationale doit jouer pour les situations extrêmes. » La formation financière des agriculteurs dans des outils tels que les marchés à terme est une autre piste à laquelle le Crédit agricole adhère.
Optimisme
Ne niant pas les difficultés des crises, surtout pour les récents investisseurs, et le mal-être de certains agriculteurs, les responsables se montrent néanmoins très optimistes pour l'avenir. « L'Ouest représente un bassin majeur avec des productions de grande qualité qui ont leur place dans une demande mondiale croissante. De plus, l'agriculture permet l'aménagement des territoires et la création d'emplois. » Des opportunités existent aussi pour les agriculteurs dans la création d'énergies alternatives. « 25 millions d'euros ont été prêtés pour des projets photovoltaïques en 2010. » Toutefois, la filière connaît un coup de frein, dû aux décisions tarifaires.
Agnès Cussonneau
Crédit agricole 35 en chiffres
- 6 200 exploitations agricoles clientes et 600 établissements para-agricoles (Cuma, ETA...)
- 457 300 clients au total
- 1 270 salariés
- 500 administrateurs
- 115 agences