« Les cotations des jeunes bovins ont amorcé leur baisse saisonnière en mars », annonce l’Institut de l’élevage dans sa lettre de conjoncture d’avril. Il précise cependant qu’elles restent « à des niveaux 6 à 8 % supérieurs à ceux des années précédentes. » Le marché « reste tendu » car l’offre manque et la demande continue à être « dynamique » à l’export. « Depuis le début de l’année, ce sont 9 000 mâles non castrés de plus qui ont été envoyés à l’abattoir », observe l’Institut de l’élevage. Le poids moyen toujours en hausse par rapport à l’an dernier (+1 %) a toutefois « reculé de 4 kg entre janvier et février », signe que la demande du marché est forte et que les éleveurs ne gardent pas leurs animaux. Côté export, « en janvier, 10 300 jeunes bovins ont quitté l’hexagone soit 1,5 fois l’effectif de janvier 2010. » Le Liban (3 900 têtes) concurrence l’Italie, et ses 3 300 têtes importées.
La Turquie n’est plus un Eldorado
En viande, la Turquie a été essentiellement à l’origine de la hausse du volume des exportations en janvier comme en février. La totalité des exportations a atteint près de 22 000 tonnes équivalent carcasse en janvier (+15 % par rapport à 2010). Le prix moyen de ces viandes exportées aurait progressé de près de 2 % (3,95€/kg). L’Allemagne, premier exportateur vers la Turquie, présentait une pénurie d’offre en taurillons ces derniers mois. Par contre, « la remontée des droits de douanes à 45 % contre les 30 % en vigueur depuis octobre 2010 et la dévaluation de la livre turque par rapport à l’euro, de 2 % entre février et mars et de 10 % depuis décembre renchérissent les viandes de la zone euro pour les importateurs turcs », estime l’Institut de l’élevage. Les importations massives de ces derniers mois conduisent à réduire le prix intérieur de la viande : « le prix moyen des carcasses au premier trimestre 2011 était ainsi en recul de 14 % par rapport au dernier trimestre 2010. Les importations turques en provenance de l’Union européenne ont reculé de 25 500 tonnes en décembre à 13 400 tonnes en janvier et 12 500 tonnes en février selon Turkstat et le prix moyen est passé de 3,88 €/kg en décembre à 3,76 €/kg en février. » Mais comme le conclut l’Institut de l’élevage, le gouvernement turc « est encore préoccupé par le niveau élevé des prix à la consommation, ce qui devrait continuer à favoriser un flux de viandes importées. »