
« Nos quatre enfants envolés, notre grande maison manquait de vie ». Devant quelques agriculteurs et agricultrices, intéressés par la création d’une activité d’accueil d’enfants à la ferme, Marie-Hélène Guimard, tout sourire, explique son choix. « Mon mari, mais aussi mes enfants, étaient d’accord ». Deux des quatre chambres des enfants de la famille accueillent, depuis 2006, des gamins des services sociaux ou de particuliers, en séjours d’une à trois semaines, pendant les vacances scolaires. « Je n’en prends pas à Noël, ni pendant les weekends ». Marie-Hélène a fixé ses règles. « C’est l’un des avantages de l’activité. On peut définir, à l’avance, et en fonction de nos propres souhaits, les dates d’accueil ». Les trois à quatre enfants, de 6 à 12 ans, accueillis au même moment, demandent de l’attention. « Le travail sur la ferme avance moins vite. Les gamins assistent à la traite, soignent les veaux et les lapins. Chacun dans son petit bleu de travail ». Les interdits sont nombreux, notamment autour du matériel. Les soucis sont rares. La Voie verte, tout à côté, offre des possibilités de ballades et la préparation des repas occupe une partie de la journée. « Ils ont aussi leurs espaces de liberté. Nous avons une grande souplesse dans l’organisation. En général, ce sont les parents qui stressent, bien plus que les enfants ».
Parrainages
Au démarrage de l’activité, Marie-Hélène a reçu la visite d’un inspecteur de la jeunesse et des sports et suivi des formations volontaires. Des formations sur l’accueil, sur les normes d’hygiène, sur la psychologie des enfants et sur les démarches administratives. Le réseau Bienvenue à la ferme lui permet de se faire connaître (salons, site Internet). La solidarité entre « accueillants » joue pleinement. « Quand on est complet, sur une période précise, on renvoie les clients vers les collègues. En cas d’absence obligatoire, on peut également s’entraider. Il n’y a pas de concurrence ». Sur le Morbihan, quatre exploitations agricoles accueillent des enfants en séjour vacances. Dans l’année à venir, des parrainages (1 à 2 jours) entre « anciens » et « nouveaux » accueillants seront instaurés dans le but de faciliter le lancement de l’activité.
Revenu d’appoint
Tous les types d’exploitation peuvent accueillir des enfants. « Les parents ont parfois des à prioris sur certaines productions, comme le hors sol, par exemple. L’expérience montre que les enfants adhèrent quelque soit le type d’élevage. C’est l’agriculteur accueillant qui fait la différence », indique Nadine Leray, animatrice à Bienvenue à la ferme. Chez Marie Hélène, c’est un pique nique convivial le dimanche soir, à l’arrivée des enfants, quelque soit la saison, et une petite ballade avant de se coucher qui permettent de briser la glace et de mettre tout le monde à l’aise.Une dizaine de porteurs de projets s’intéressent à la création d’une activité d’accueil sur le Pays de Redon. Éleveur de porcs à Noyal-Muzillac, Jean Michel verrait d’un bon œil l’installation de Catherine, son épouse, sur l’exploitation en développant une telle activité, « moins risquée qu’une extension de l’élevage compte tenu de l’absence d’investissements ». Marie-France, agricultrice à Josselin, souhaiterait profiter de son ancienne expérience de salariée en service enfance, pour diversifier les sources de revenu. Les tarifs sont de 37 à 45 € la nuit, par enfant.
Bernard Laurent