Créer un cinquième risque de protection sociale, qui s’ajouterait à la maladie, la famille, les accidents du travail, la retraite, pour attribuer à ceux qui sont frappés d’une déficience les rendant totalement dépendants, pose la question de son financement. Comment prendre en charge ces dépenses supplémentaires ? « Il faut créer un droit universel à la compensation de la perte d’autonomie, quel que soit l’âge de la personne et les causes du handicap », estime Albert Le Cornec, président de la section. Il faudra faire face au défi démographique : doublement d’ici 2050 de la proportion de personnes âgées de plus de 75 ans. « Nous rejetons vivement le recours aux assurances privées pour prendre en charge la dépendance. Le recours à la solidarité nationale s’impose ». L’enjeu est majeur. Il se pose différemment dans les campagnes que dans les villes. L’isolement géographique accentue les difficultés. « Les associations d’aide à la personne sont en difficulté financière. Elles n’irons plus dans les campagnes », prédit Clément Faurax, responsable des affaires sociales à la FNSEA. Le syndicat défend l’idée d’un socle de solidarité national pour financer la perte d’autonomie, couvrant l’ensemble des français. « Complété par un système optionnel comme dans le cas de l’assurance maladie et des mutuelles de santé ». Il encourage également la construction de pôle de maison de santé, une solution pour endiguer la désertification médicale des campagnes. Didier Le Pimpec, de la MSA des portes de Bretagne, rejoint la position défendue par les anciens exploitants. « Nous réclamons, depuis longtemps, la création d’une cinquième branche pour couvrir la perte d’autonomie. Si la solidarité nationale doit jouer, il faudra élargir l’assiette des cotisations, hors revenus du travail ».
Petites avancées
La section des anciens prend acte des dispositions prises dans le cadre de la réforme des retraites. À compter du 1er janvier 2011, la retraire complémentaire (RCO) sera étendue aux conjoints collaborateurs et aux aides familiaux. Pour financer cette mesure, les chefs d’exploitation auront à payer une cotisation supplémentaire dont le montant est forfaitaire : 3 % sur une assiette de 10 800 €. Le changement des règles du minimum vieillesse donnera droit, désormais, à 742 € de revenu, au titre de la retraite, aux agriculteurs ayant peu cotisé. Enfin, les femmes ayant été chef d’exploitation pendant moins de 17,5 ans obtiennent une revalorisation de leur pension agricole grâce à un assouplissement des conditions d’accès. « Certains jugent ces avancées insuffisantes, mais nous avons parcouru du chemin sur les 10 dernières années. Notre persévérance porte ses fruits », poursuit Albert Le Cornec, combattif. « Nous sommes encore loin de la justice et de l’équité que nous attendons ». La promesse faite, il y a près de 10 ans, d’un niveau de pension égal à 75 % du Smic, pour tous, n’est toujours pas satisfaite.
Bernard Laurent