
« Les premières vaches atteintes avaient des problèmes de respiration. Le vétérinaire n’avait pas d’explication », explique René Le Fur, l’un des associés du Gaec Ar sav Heol, intervenant à l’AG du syndicat Prim’holstein, la semaine dernière. Un premier décès, suivi d’un second le lendemain, affole les éleveurs. Une toxine botulique, produite par une bactérie Chlostridium, est détectée, après analyses, une dizaine de jours plus tard. « Nous étions soulagés de connaître la cause ». Trop tard. Le renard, dont des lambeaux de peau sont retrouvés dans le tas d’ensilage d’herbe, fera 27 victimes en 3 semaines, sur la centaine de laitières. Commence alors la période difficile de reconnaissance du préjudice. « Heureusement, nous avions contracté une assurance “pertes d’animaux”, trois ans auparavant. Le botulisme faisait partie des causes de mortalité prises en charge par l’assurance ».
Prim’holstein France, contacté pour l’estimation des animaux, évalue les vaches décédées à une moyenne de 1 766 euros. Le contrat d’assurance stipule que la valeur maximale est de 1 500 euros pour chaque animal décédé accidentellement. « Le GDS a pris en charge la moitié de la valeur des vaches : 750 euros, valeur qui correspond au plafond déterminé par 25 années de cotisations, et les frais d’analyses. Groupama a remboursé l’autre moitié et les pertes de lait sur trois mois (perte de marge) ». 60 000 euros de préjudice au total. « Il faut prendre conscience que ça peut arriver dans tous les élevages », prévient l’éleveur, qui a pu, grâce aux avances du GDS et de l’assureur, racheter un nouveau troupeau rapidement et limiter la baisse de production.
Assurances bovin élite
L’assurance « bovin élite » concerne les animaux dont la valeur est supérieure à 2 000 euros. « Il s’agit d’une assurance individuelle, à l’animal. Elle est contractée pour une année », indique Sébastien Mariage, chargé de clientèle Groupama. (Aucun animal n’était assuré individuellement au Gaec Ar Sav Heol). Elle couvre l’accident, la maladie (à l’exception des maladies contagieuses) et l’abattage d’urgence. « La cotisation annuelle est égale à 3% de la valeur estimée de l’animal. Pour un animal dont la valeur est estimée à 6 000 euros, la cotisation annuelle est, par exemple, de 189 euros ».
30 adhésions « vaches à haut potentiel » en Morbihan
Depuis le début d’année 2011, les éleveurs de bovins peuvent adhérer à une action spécifique concernant les vaches à haut potentiel génétique. Cette action leur permet de recevoir des indemnisations supplémentaires lors de l’élimination d’animaux pour des causes sanitaires liées à des actions du GDS . « La formule existait en Côtes d’Armor, en race Prim’Holstein. Elle sera étendue dans tous les départements bretons et pour toutes les races », précise Gilbert Louarn, du GDS. Les éleveurs pourront cotiser à cette nouvelle section, sous condition d’adhésion à un organisme de sélection. La cotisation sera fonction de l’index moyen du troupeau. L’indemnisation tiendra compte de la valeur individuelle de l’animal (ISU). Le fonctionnement du système est régional. La gestion financière est départementale. Il prévient : « Le bon fonctionnement de cette garantie nécessite une large adhésion. Actuellement, seulement 30 éleveurs y ont souscrit dans le Morbihan ».
Bernard Laurent
Photo : Les adhérents du syndicat Prim’holstein 56 lors de l’assemblée générale, à Arradon.