
La technique est encore confidentielle en Bretagne puisque, pour cette campagne 2011, seuls trois semoirs de ce type tournent sur la région. Le 5 avril, la société Samco, en partenariat avec l’ETA Quéméré, de Scaër, et le magasin Cecab, de Coray, a réalisé une première expérimentation de la technique de semis « sous mini-serre » dans le Sud-Finistère. « Nous aurions pu envisager un semis vers le 15-20 mars. Soit plus d’un mois plus tôt que d’ordinaire », estime Marc Quéméré qui pourrait s’équiper d’un semoir pour la prochaine saison.
Semis avancé d’un mois
Contrairement au semis sous plastique classique où le maïs pointe immédiatement à l’air libre après germination, la technique de semis sous film selon le procédé irlandais Samco s’apparente à une culture sous mini-serre. Pendant 4 à 7 semaines, le maïs se développe à l’abri dans la petite concavité creusée à l’aplomb du rang et protégée par un film perforé. Au stade 6-7 feuilles, le plant finit par rompre le film.
Cette technique de semis a été mise au point par un agriculteur irlandais confronté à un printemps très froid. « Il avait couvert quelques mètres carrés avec un film. Puis progressivement, il a mis au point un semoir », indique Rodolph Daval, responsable pour la marque sur la Bretagne.
Avec ce semis protégé, le plant de maïs bénéficie d’une atmosphère protégée. Exemple à l’appui, le 5 avril, alors que la température extérieure avoisinait les 10 °C à Coray, la température relevée sous bâche dépassait les 25 °C. Ce qui fait dire aux promoteurs du système qu'on peut avancer le semis d’un mois.
Gain de rendement de 30-40 % ?
Dans de bonnes conditions de semis, le rendement peut être en nette progression. « L’an dernier, des essais menés sur Ploudalmézeau ont relevé des rendements supérieurs de 25 à 45 qx/ha par rapport à un sol nu », cite R. Daval qui indique un gain potentiel de 5 points de matière sèche pour une récolte à date identique. Mais il y
a aussi quelques cas d’échec dont les causes méritent d’être bien cernées.
Par rapport à un semis sous plastique traditionnel, le gain de rendement espéré est de
10-12 qx. « D’une part, parce que le semis peut se faire plus tôt, d’autre part parce qu’il y a moins d’évaporation ».
« L’intérêt du semis sous mini-serre ne se vérifie pas qu’en zone froide. En zone sèche, un semis en mars permet une récolte d’ensilage à quasi-maturité en août pour pallier un manque de stock éventuel ». En zone froide, cette technique permet aussi d’utiliser des variétés à indice plus élevé. « Ici à Coray, nous avons poussé jusqu’à 350 d’indice alors que la fourchette habituelle va de 240 à 290 ».
Les gains de rendement et de points de MS doivent permettre de rentabiliser le surcoût de semis. « Il faut compter + 350 €/ha pour un semis sous film par rapport à un semis sur sol nu. Avec les cours de 2010, l’amortissement était réalisé avec 15-20 qx supplémentaires par rapport à un semis en sol nu ».
Didier Le Du
Photo : Semis d’essai avec un semoir 2 rangs. Le désherbage se fait en deux étapes successives : avant et après dépose de la bâche.
Semis à 7,5 km/h
Le semoir Samco System autorise des vitesses d’avancement de 7,5 km/h en bonnes conditions de préparation de sol. La machine réalise deux opérations de traitement herbicide : sur la planche de semis avant pose du film et sur l’espace inter films après recouvrement. Subsiste l’interrogation de l’efficacité d’une telle stratégie de traitement en conditions sèches.
Compte tenu des conditions de semis et de végétation, une densité de 90 000 pieds/ha apparaît suffisante pour une bonne expression du rendement. Le film utilisé est perforé de 5 ou 9 rangées de trous à l’aplomb du rang. Ce film de
7 microns (10 microns avec la technique classique) est oxophotodégradable : autrement dit, il se dégrade par oxydation et par la lumière.