L'année 2010 a été marquée par une surproduction d'œufs, au niveau européen. « Avec 360 millions de poules, l'an dernier, les effectifs européens ont progressé de 50 millions par rapport à 2009 », explique Jean-Marc Le Franc, de Triskalia, lors de l’AG de la section œuf de la coopérative. « Cette progression a provoqué un décalage par rapport au marché. »
Prix bas
La cotation moyenne TNO se situe à 5,72 €/100 oeufs en 2010, contre 6,74 € en 2009. Le 1er trimestre 2011 poursuit la tendance, avec un niveau encore inférieur (5,15 €). « Le marché est désorganisé, fébrile et épidermique. En mars 2011, les prix ont pu varier de 40 % sur 4 semaines. »
La cotation industrie est elle-même en forte baisse 0,69 € (contre 0,88 € en 2009) et seulement 0,60 € au premier trimestre 2011. L'œuf industrie correspond à un marché de report qui doit absorber les volumes non vendus en œuf coquille. « Actuelle-ment, le prix de vente industrie ne couvre plus le coût alimentaire, il n'y a aucun intérêt à conserver les poules au-delà de 65 semaines. »
Décalage de prix de revient
En plus des prix de vente bas, les charges pénalisent les éleveurs. « L'indice Itavi aliment pondeuse est passé de 120 en mai 2010 à 175 en février », résume Hervé Talec, directeur des productions animales de Triskalia. « Les prix de revient sont largement supérieurs aux prix de vente. » Le décalage est aujourd'hui de l'ordre de 28 € par 100 kg d'œuf.
Une baisse de la production est prévue à partir du second semestre 2011, avec l'espoir d'une remontée des cours. « Cela dépendra de la mobilisation de l'Europe à limiter la production », estime André Chouan, président de la section œufs de Triskalia. Si la demande d'oeufs progresse dans les GMS, c'est surtout l'œuf alternatif qui est plébiscité.
Début 2012
Les éleveurs s'interrogent sur le début 2012. Comment et à quel prix seront vendus les œufs produits dans des poulaillers qui ne seront pas aux normes ? Les GMS n'en voudront pas comme œuf coquille et l'industrie ne semble prête à les acheter qu'en cas de bonne conjoncture.
La section œufs de Triskalia a vendu 215 millions d'œufs soit 19,6 % de plus qu'en 2009. Les adhérents élèvent en plus 880 000 poulettes. « On ne peut plus baisser en effectifs », estime le directeur général Dominique Ciccone, « ce qui implique la réussite de la mise aux normes. Tous les droits à produire doivent être maintenus en Bretagne. » Patrick Bégos