
Elle n'est pas qu'une race économe, bonne à nourrir à pas cher. Et pour tordre le cou à l’idée selon laquelle la Salers ne serait pas performante, les responsables de Salers de l'Ouest ont fait parler les chiffres lors de l’assemblée générale de l'association. « En 2009, une étude nationale de l'Institut de l'élevage et des Chambres d'agriculture indique qu'avec 298 kg de viande vive produite par UGB, la Salers n'a pas à rougir de ses résultats par rapport aux races traditionnelles, indique Christian Veillaux, de la Chambre d'agriculture 35 (1). Elle est bien placée du fait du nombre d'animaux produits par UGB, de leur poids, des faibles pertes y compris après le sevrage et de la faible période improductive de la race, grâce à un IVV court et une période de finition réduite. »
GMQ à la hauteur
Si l'on « zoome » sur le GMQ en particulier, les résultats sont à la hauteur. D'après une étude en cours sur des JB abattus depuis 2006 autour de 20 mois d'âge, le GMQ carcasse des animaux Salers atteint 647 g / jour de vie, et celui des croisés Salers – Charolais 726 g / j. « Ces performances sont bonnes, notamment en croisement, » commente Christian Veillaux. Et d'en conclure : « la Salers est bien armée pour faire face aux coûts de production. Elle est économe. Et si vous parvenez à coupler son caractère économe avec une bonne productivité, alors les résultats peuvent être intéressants. » En revanche, et il faut bien insister aussi sur ce point, si l'aspect productivité est délaissé, les résultats économiques peuvent vite être plombés, puisque le prix de vente des animaux Salers reste à la traîne par rapport à celui des autres races. Un point qui reste difficile à faire changer, comme l'a indiqué Bruno Faure, directeur de Salers évolution.
Viser le coût de production
Dans la période actuelle tourmentée, il est donc plus que jamais intéressant de travailler, à l'échelle de son exploitation, sur son coût de production. « Il permet de juger de l'adéquation des charges au niveau de productivité et d'évaluer la compétitivité de son exploitation. En revanche, il ne faut surtout pas le confronter au prix de marché, contrairement au prix de revient et au prix d'équilibre » explique Christian Veillaux. En Ille-et-Vilaine, des groupes Geda – Chambre d'agriculture ont déjà comparé leurs résultats sur ce plan, ce qui s'est avéré très enrichissant. D'autres formations sur ce sujet sont à venir dans les quatre départements, à un coût qui sera modéré suite à l'engagement du Vivéa de mettre justement l'accent sur le coût de production en élevage allaitant.
Anne-Laure Lussou
(1) étude prochainement en ligne sur le site http://salersdelouest.fr/