C'est un accord qui aura pris un peu de temps avant de devenir effectif, parce qu'en la matière les discussions sont toujours difficiles. « Nous avons contacté Système U il y a un an et cet accord est le fruit de notre année de travail, retrace Christophe Baron, le président morbihannais de la SAS Biolait qui a réalisé en 2010, 34 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il est exemplaire au sens où il traduit une volonté de chacun d'assurer un développement pérenne de l'agriculture bio. » Pour Système U, groupement coopératif de commerçants indépendants, la solution permet une sécurisation de son approvisionnement. Pour Biolait, premier groupement indépendant de producteurs de lait bio en France, il s'agit d'un partenariat durable supplémentaire, à ajouter entre autres à celui qui le lie au réseau Biocoop depuis 14 ans. Mais les volumes à écouler se développant, de nouveaux accords sont toujours bienvenus.
Cinq millions de litres
Signé mardi 5 avril, celui qui concerne System U portera donc sur 5 millions de litres de lait, sur les 87 actuellement collectés par Biolait. Un volume initial choisi par le distributeur. Le maillon « transformateur », la Laiterie de Saint Denis de l’Hôtel dans le Loiret, a pour sa part été choisi pour une question d'innovation industrielle (poids de la bouteille inférieur au poids classique). La laiterie assurera la préparation et le conditionnement du lait à la marque de distributeur « Bio » des magasins U, « U Bio ». Pour les éleveurs, l'impératif sera simplement de livrer du lait tracé français. En terme de prix payé producteur, les chiffres n'ont pas filtré, mais Biolait, qui milite pour un prix de 430 euros / 1000 L, indique ne pas avoir eu de souci pour atteindre son objectif.
Une aide à la conversion
L'autre point non négligeable de cet accord, qui confirme l'esprit de « partenariat durable », est que les magasins U s'engagent à verser 3 centimes d'euro par litre de lait acheté aux producteurs en conversion. « Fort de ce soutien, Biolait poursuivra son développement multi-territorial dans une optique partagée d’une meilleure accessibilité aux produits bio tant en terme de structuration de filière, d’offre de service que de prix », se réjouit la SAS.
La mesure est d'autant plus bienvenue que les éleveurs en conversion, chez Biolait, sont nombreux, avec près de 200 producteurs sur les 725 actuellement collectés. La Bretagne n'est pas en reste : dans les Côtes d'Armor par exemple, on comptait 17 éleveurs laitiers bio il y a 2 ans, et plus de 50 désormais. Pour répondre aux besoins nouveaux entraînés par ce développement, Biolait compte d'ailleurs mettre en place un second relais local en Bretagne, en plus de celui de Questembert, dans quelques mois. Il sera basé à Bourbriac. Anne-Laure Lussou