
Pas besoin de chercher beaucoup pour trouver l’originalité du bâtiment des laitières. Il suffit de lever les yeux. Au sol, l’ensemble est classique. Un couloir d’alimentation, des aires d’exercice de part et d’autre des deux rangs de 70 logettes. La couverture, quant à elle, ferait trembler nombre d’éleveurs, dans une région où fleurissent les cathédrales. Elle couvre, d’une part, le couloir d’alimentation, et pour une autre part, indépendante de la première, les deux rangs de logettes. Les 120 laitières, qui sortent rarement au champ, apprécient le semi-plein air, si l’on en croit Ronan Le Sommer, l’un des 3 associés du Gaec, en charge du troupeau, qui recevait les adhérents du syndicat Prim’holstein 56, la semaine dernière. « Nous avons construit ce bâtiment sur un site vierge, pour nous éloigner de la zone littorale et des habitations. Tout était à faire. Nos choix techniques ont été réalisés dans un souci d’économie ». Et de confort pour les animaux. « Un bâtiment fermé pose le problème de l’aération, de la ventilation et de la luminosité ». En installant un simple toit en monopente sur les logettes, les associés ont réglé ces problèmes. « On y croyait ! Même si les constructeurs nous le déconseillaient. Ils revenaient avec des devis de grands bâtiments fermés, où, disaient-ils, nous pourrions aller en chaussons. Un argument stupide ! ». Trois hivers plus tard, les associés ne regrettent pas leur choix. « Aucune zone n’est privilégiée par les laitières. Même en période de grand froid, elles sont bien réparties ».
BTS et lagunes
Les logettes sont équipées de matelas, sur la partie arrière et abondamment paillées. Les deux couloirs d’exercice sont raclés au Manitou. « Ça ne pose pas de problème dans l’organisation du travail ». La fumière de 800 m2, équipée de
caillebotis sur un côté, laisse passer les jus qui sont récupérés
dans un BTS de 250 m3 puis 3 lagunes de 40 m de long chacune. « Le paillage est important. Nous sommes proches du littoral. Le fumier est plus facile à gérer. La tonne à lisier est quasi interdite dans cette zone urbaine et touristique ». Le bâtiment a l’inconvénient d’être excentré du parcellaire. « C’est plus facile pour travailler et se développer mais nous avons dû créer une route (600 m) à notre charge et payer le raccordement électrique (7 000 euros) ». 80 hectares sont à proximité du site mais peu accessibles aux animaux en raison des routes. La structure, discrète et bien intégrée dans le paysage (basse et en bardage bois), comprend également une nurserie, une étable à génisses, 4 boxes d’isolement, et une salle de traite. « Nous avions l’intention, au départ, d’installer un roto tandem. Nous avons finalement opté pour une 2 x 8 TPA, d’occasion, pour une raison d’économie ». L’ensemble a coûté 650 000 euros, pour 140 places.
Holsteinisation
La ration alimentaire des laitières, à base de maïs ensilage (38 kilos bruts/vache), de foin de luzerne (2,5 kilos), de betteraves (10 kilos bruts), d’orge (0,3 kilo), de correcteurs azotés (3,2 kilos) et de minéraux, évolue peu dans l’année, compte tenu de la faible part de pâturage. Elle est distribuée à la mélangeuse et complétée au DAC. Le troupeau, en voie d’holsteinisation (25 % de Normandes et Montbéliardes) produit 8 550 kilos de lait par vache. « L’objectif est d’atteindre plus de 9500 kilos en moyenne ». Etant donné l’âge moyen du troupeau (40 % des laitières sont en première lactation) il devrait être atteint rapidement. Bernard Laurent
Photo : La structure date de 2007. Au premier plan, le toit monopente qui abrite les logettes. Au second plan, la salle de traite, la nurserie et l’étable à génisses. Devant les vaches : les cornadis (147 places) et le couloir d’alimentation couverts.
Gaec de la ferme du golfe
908 000 litres de quota
3 UTH
270 ha de SAU
60 ha de maïs
45 de céréales
6 ha de colza
5 ha d’avoine
10 ha de pomme de terre
15 ha de luzerne
130 ha de prairies