
Le marché mondial de la viande ovine est dominé par la Nouvelle-Zélande et l'Australie, qui envoient une partie de leur production vers l'Europe. En effet, ces deux pays bénéficient de contingents d'exportation vers l'Union Européenne : 227 854 t pour la Nouvelle-Zélande et 18 786 t. pour l'Australie. Le contingent de la Nouvelle-Zélande est l'équivalent de la consommation française de viande ovine.
Baisse des cheptels
« En Nouvelle-Zélande, les ovins sont pris en étau entre le développement de la production laitière et l'avancée de la forêt », explique Alain Gouédard (Chambre d'agriculture 35). Plus de 800 000 ha vont être convertis en lait, sur des terres irriguées et fertilisées. « Les Néo-zélandais ont réduit leur cheptel de brebis et leurs disponibilités en viande. Pour l'instant, ils remplissent leur contingent d'exportation vers l'UE, mais les prévisions d'exportation 2010-2011 annoncent un recul de 3 à 4 %. »
En Australie, la sécheresse a entraîné beaucoup de réformes de brebis depuis 5 ans. Les exportations de viande ovine, surtout orientées vers le Moyen Orient, sont en recul de 17 % en 2009. Les prévisions de 2011 annoncent de nouvelles baisses du même ordre. En Amérique du Sud, le cheptel recule également au profit des céréales.
Déficit européen et français
L'Europe consomme plus de viande ovine qu'elle n'en produit. Elle a abattu 886 000 t de carcasses ovines pour une consommation de 1 148 000 t. La France est le troisième pays producteur après le Royaume-Uni et l'Espagne. « Nous consommons 225 000 t pour une production de 100 000 t, soit un déficit de plus de 55 % », précise Alain Gouédard. Tous les pays européens sont en déficit, sauf l'Irlande, largement excédentaire et l'Espagne, autosuffisante. Les cheptels de brebis seraient en recul de 11 % sur 2010 et 2011 au Royaume-Uni et de 15 % en Irlande.
Ces reculs de production favorisent une bonne tenue des cours. En France, ils se situent entre 5,50 à 6,20 €/kg, soit nettement mieux qu'il y a 10 ans. « Dans un contexte de manque de production au niveau français et européen, les importations ont joué un rôle important dans le soutien de la consommation », estime Alain Gouédard. « Sans les volumes importés, la viande d'agneau, dont la consommation a atteint 3,6 kg/habitant, se serait marginalisée dans les rayons des grandes surfaces. »
Découper et innover
Le maintien de la production française, et si possible son développement est l'un des objectifs forts du plan de relance. Une meilleure répartition des volumes produits sur l'année, le développement de la découpe, la mise en place de présentations plus innovantes de la viande ovine sont autant d'axes de travail pour toucher de nouveaux consommateurs. À court terme, les producteurs se préoccupent de la hausse du coût des matières premières qui pénalise le revenu des producteurs. D'où l'intérêt de travailler sur l'autonomie fourragère des élevages. Patrick Bégos
Photo : La conformation et la qualité des carcasses, un atout des agneaux français.
Planifier l'offre
Depuis 2010, les éleveurs ovins peuvent bénéficier d'une majoration de leurs aides de 3 €/brebis en étant adhérent d'une organisation de producteurs commerciale ou en s'engageant, par contrat, à commercialiser au moins 50 % de leur production auprès de trois acheteurs. La filière souhaite ainsi organiser la mise en marché de ses produits.