
« L’anticyclone qui s’est installé en 2010 devrait perdurer, sauf incident économique majeur, jusqu’en août », période à laquelle la production de l’hémisphère Sud devrait connaître une reprise saisonnière. Mais malgré l’optimisme de rigueur pour le premier semestre, l’Institut de l’élevage se pose tout de même la question de l’équilibre des marchés européens. En 2010, les prix ont retrouvé des couleurs, surtout au nord de l’union, et cette tendance risque fort de continuer de stimuler la production. En dépit du prix des aliments concentrés, « sur 2011, on peut s’attendre à une hausse d’au moins 2 % de la production européenne si la dynamique se prolonge (…). Ce sont entre 2,5 et 3 millions de tonnes supplémentaires que l’industrie devra collecter et valoriser », selon l’Institut de l’élevage. En revanche, les prix de détail des produits laitiers sont élevés et orientés à la hausse en Europe, ils ne permettent pas d’envisager une progression suffisante de la consommation. Bien que la tendance globale ait été positive sur la dernière campagne. Face à ce risque de plafonnement du marché communautaire, la solution se situera sur le marché mondial, notamment l’Asie où la croissance de la demande est plus dynamique que l’essor de la production. Mais l’Europe n’y sera pas seule, les pays américains sont sensibles aux signaux du marché mondial et la production y est dynamique. Les exportations états-uniennes ont retrouvé leur niveau de 2008 tandis qu’en Argentine, la collecte en augmentation de presque 10 % entre le premier et le second semestre 2010 provoque un sursaut des exportations. Mais l’incertitude vient surtout de la Nouvelle-Zélande et de son modèle de production qui paraît « de plus en plus sensible aux aléas météorologiques, à mesure que la conduite s’intensifie. »
Le coût de production en plus
Avec la volatilité accrue des marchés, il apparaît plus difficile que jamais de prévoir l’évolution des marchés des produits laitiers. En conclusion, le document n’exclut pas le risque d’un nouveau crash des marchés dans le cas où l’offre laitière mondiale redevenait rapidement plus abondante que la demande solvable. De plus, le risque de voir les cours décrocher brutalement est à mettre en parallèle avec l’indice Ipampa lait de vache. À la baisse en 2009, l’indicateur du coût de production des élevages laitiers français suit un rythme de progression particulièrement soutenu depuis juillet 2010, « son niveau historique de juillet 2008 (indice 125,7) a toutes les chances d’être dépassé durant l’année 2011 », qui a démarré avec un indice à 122,2 en janvier.
Photo : La certitude de voir la conjoncture laitière se maintenir ne va pas au delà du mois d’aout 2011.