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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°11734 |
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Ille et Vilaine (35)
La Coopedom veut augmenter ses tonnages
 

Avec des volumes déshydratés historiquement bas (30 800 tonnes), la coopérative de déshydratation a clos l'année 2010 avec une trésorerie dégradée. Les responsables le savent : « il faut du tonnage pour diluer les charges fixes et avoir des prix qui se tiennent. » Lors de l'assemblée générale le 23 mars à Domagné, le président Joseph Lebrun a rappelé que la coopérative trouve son équilibre économique à 38 000 tonnes.
Sur 2011, les responsables entendent donc augmenter les surfaces en luzerne de 200 ha, pour arriver à un objectif de 2 000 ha en 2013. La déshydratation des dérobées devrait aussi augmenter. Concernant la prestation pour les adhérents, elle va être maîtrisée - en légère hausse de 4 % - malgré un coût du carburant en forte hausse.
« L'année qui vient de s'écouler montre que les fondements de la coopérative sont toujours d'actualité, à savoir l'importance de l'autonomie alimentaire. Les éleveurs engagés dans cette voie, avec des fourrages déshydratés de qualité, souffrent moins que leurs collègues obligés de s'approvisionner sur des marchés spéculatifs. »


Interrogations sur le soutien à la luzerne


Revenant sur la problématique du soutien à la luzerne déshydratée, Joseph Lebrun précise que « 2013 sera l'année du découplage théorique : les 33 euros par tonne perçus par la coopérative seront intégrés aux DPU des adhérents, selon une année de référence historique. Ce sera alors un vrai challenge pour la coopérative de maintenir une prestation qui restera attractive pour les producteurs. »
« Depuis la mise en place du premier découplage de la Pac, la production de luzerne déshydratée a perdu 30 % de ses surfaces. Sur trente ans, elle a même régressé de 70 %. La dépendance en protéines est toujours très forte sur les élevages, » a précisé Jean-Pol Verzeaux, président de Coop de France Déshydratation, présent à l'assemblée de la Coopedom. Il a déploré l'absence de visibilité pour les coopératives de déshydratation après la récolte 2011.


Rémunérer les qualités environnementales


La priorité est le maintien de l’OCM fourrages séchés pendant deux ans, en 2012 et 2013, avant d’intégrer la nouvelle configuration de la Pac en 2014 qui devrait rémunérer les qualités environnementales de la luzerne (biodiversité, amélioration de la qualité de l'eau, allongement des rotations, restructuration des sols). Jean-Pol Verzeaux rappelle par ailleurs que Bruno Le Maire s'était engagé à intégrer les surfaces de luzerne déshydratée dans le plan protéines à partir de 2012. Mais pour le moment, pas de réponse concrète des pouvoirs publics. « Une pétition a été mise en ligne pour mettre de la cohérence dans les positions des décideurs publics (www.sauvonslaluzerne.org). L'objectif est d'avoir 10 000 signatures minimum. »
Il est souvent reproché à la déshydratation sa forte consommation énergétique. Pourtant, des efforts considérables ont été réalisés, en particulier à la Coopédom. « L'installation du foyer biomasse, les plantations de miscanthus, le préfanage ont permis de réduire de 60 % nos émissions de CO2 d'origine fossile, » retrace Joseph Lebrun. Les 1100 m2 de panneaux
photovoltaïques qui entrent actuellement en fonctionne-
ment permettront d'accroître encore la maîtrise énergétique.
Agnès Cussonneau



Nouveaux équipements
Pour maîtriser le prix de revient, d'autres projets émergent. "Nous allons investir dans du matériel de récolte plus performant, des ensileuses vont être testées. Une autochargeuse pourrait aussi être mise en place. Par contre, elle ne fonctionnera pas sur maïs et sera un peu moins performante sur les grandes distances. Les nouveaux matériels respecteront davantage les sols lors des interventions en conditions humides". La coopérative a également acheté un terrain contigu au site actuel qui va dégager de l'espace pour le stockage de biomasse et pour l'activité de sa filiale CVDA (négoce de fourrages déshydratés, fabrication et vente d'aliments fibreux ou rations sèches, granulés de bois).



Repères
La Coopédom en 2010
- 630 adhérents
- 39 équivalents temps plein, dont 32 permanents
- 30 830 tonnes traitées, dont 14 915 t de maïs et 15 915 t de fourrages verts






Légende photo : Joseph Lebrun, président de Coopédom (à droite), et Loïc Renou, président de CVDA.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Avril 2011
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