
Au Pays des Vallons de Vilaine, les agriculteurs sont sensibilisés aux problématiques liées à leur consommation énergétique. Le 17 mars, les associés du Gaec Robert ont ouvert les portes de leur exploitation de Guichen pour présenter le diagnostic qui y a été mené par la Chambre d’agriculture. Dia’terre (qui fait suite au diagnostic Planète) évalue les bilans carbone et azote de l’exploitation, les émissions de Gaz à effet de serre (GES) et cerne les gains potentiels sur l’exploitation par atelier. « L’objectif du diagnostic est de proposer des pistes de réflexion, que l’agriculteur devra ensuite approfondir en fonction des ses objectifs et des contraintes de son exploitation », précise Isabelle Hascouët, coordinatrice énergie à la Chambre d’agriculture. Le diagnostic est là pour analyser la situation, situer l’entreprise par rapport aux références et simuler l’impact d’éventuelles améliorations. Isabelle Hascoët ajoute, « c’est aussi un moyen de sensibiliser les agriculteurs aux différents enjeux. » Car en plus de la viabilité économique d’exploitations qui sont et continueront à être confrontées à des tarifs des énergies de plus en plus élevés, la maîtrise des consommations répond à des enjeux plus globaux tels que la réduction des émissions de GES ou la maîtrise des besoins en énergie fossile.
Fioul et matériel
Sollicité par la Communauté de communes et la Chambre d’agriculture pour faire ce diagnostic sur son exploitation, Denis Robert a saisi l’opportunité de « faire un point sur les pratiques quotidiennes » et les résultats du diagnostic ont confirmé et précisé certains points. Conformément aux attentes, le premier poste de consommation directe d’énergie est le fioul, « la stabulation aire paillée est très consommatrice de paille et doit être raclée tous les jours. Mais dans la configuration actuelle du corps de ferme, il est impossible d’installer un racleur électrique. » Par rapport aux références, la consommation ramenée aux 1 000 L de lait produit est aussi très élevée du fait d’une grande surface de cultures, sans compter que même si le parcellaire et bien groupé autour de la ferme, le relief et la qualité des sols sont assez défavorables. Pas plus que pour le raclage, le Gaec ne peut envisager de grands changements sur le système de l’atelier cultures, « nous semons après un labour ou un pseudo labour, la décision est prise au cas par cas, commente Denis Robert, mais notre terrain est difficile (voir encadré). Il impose d’être bien préparé et réchauffé. » Et pour réaliser ses travaux, en plus de la consommation de carburant, il faut aussi du matériel qui nécessite de l’énergie pour être fabriqué. Le diagnostic permet de prendre conscience que le matériel est le premier poste de consommations indirectes. Ces dernières intègrent également la fabrication des engrais utilisés et des aliments achetés. Sur l’exploitation, elles représentent 39 % des consommations d’énergie. Ce constat renforce l’argumentaire en faveur de l’acquisition en commun du matériel, déjà valorisée par le Gaec.
Un projet à mûrir
En revanche, du côté des consommations électriques, Dia’terre a déjà apporté des réflexions nouvelles. « Sur les exploitations laitières, l’isolation du chauffe-eau, la ventilation de la laiterie et la propreté du groupe froid sont les principaux facteurs déterminant des consommations électriques, précise Isabelle Hascoët. Aujourd’hui, ce n’est généralement pas sur l’électricité que les plus grandes économies peuvent être faites », mais il faut d’ores et déjà se préparer aux fortes hausses des tarifs qui accompagneront l’ouverture du marché de l’électricité. Ici, les associés s’orienteraient vers l’étude d’un projet d’investissement pour un matériel de pré-refroidisseur de lait ou de récupérateur de chaleur sur le tank.
Ronan Lombard
L’exploitation en chiffres
Denis Robert est associé depuis 2006 avec son père sur une exploitation laitière de 113 ha. Les 66 vaches assurent des lactations moyennes de 8 000 L. En plus de 48 ha de prairies, les agriculteurs cultivent 28 ha de maïs, 23 ha de triticale et 6 ha de blé. Le parcellaire est relativement groupé, la parcelle la plus éloignée étant à 2,5 km, mais le potentiel du terrain est limité avec un rendement moyen en céréales de 55 qx / ha.
Légende photo : De droite à gauche : Valérie Binder (chambre d’agriculture), Denis Robert (éleveur), Isabelle Hascoët (chambre d’agriculture), Dominique Macé (Adage) et Vanessa Drouot (Pays des Vallons de Vilaine) ont présenté le diagnostic Dia’terre à partir de l’exemple réalisé au Gaec Robert.