
La participation de Xavier Beulin, président de la FNSEA, à l’assemblée générale de la FDSEA, a été l’occasion pour la majorité syndicale du Finistère d’exprimer une nouvelle fois sa prudence, pour ne pas dire sa méfiance, vis-à-vis de la contractualisation. « Je ne dis pas qu’il ne faut pas contractualiser une partie de notre production pour garantir nos débouchés, mais si cela se fait sans négociation collective, nous allons nous retrouver chacun isolé, les pieds et les mains liés. La profession tout entière s’en trouvera affaiblie ».
Une équation à l’envers
Les propos de Thierry Merret, président de la FDSEA, sont ici la réponse à la FNSEA qui fait le choix « de prôner la contractualisation afin de renforcer l’interprofession, ce qui pourrait encourager les producteurs à s’organiser ». Une équation à l’envers pour le patron de la Fédération finistérienne, formé à l’école de la zone légumière qui a toujours défendu des organisations de producteurs puissantes. « Pour nous, c’est en ayant une organisation forte des producteurs que nous aurons toute notre place dans les interprofessions et compte tenu de notre poids dans la filière, nous pourrons alors négocier collectivement sur des éventuelles contractualisations choisies et non subies », martèle T. Merret.
Ces propos du président de la FDSEA interviennent alors que la « contractualisation obligatoire » s’impose au lait et au légume. Et Thierry Merret de s’élever : « Nous avons l’impression que l’Etat a réussi son coup : affaiblir, voire diviser la profession agricole, et ceci avec la caution naïve de nos organisations nationales. En effet, le ministère nous a manipulés, je dis bien nous ».
Pour la FDSEA du Finistère, la peur a été en effet mauvaise conseillère. Le projet de contractualisation a été brandi comme antidote à la crise laitière de 2009. « Mais où est l’urgence puisque les quotas ne disparaîtront pas avant 2015 ? », interroge le président.
« Un empilement navrant »
À l’image de la place qu’il occupe dans le rapport d’orientation (la moitié des pages), l’environnement a suscité beaucoup d’interventions, vendredi dernier à Plougastel-Daoulas. Tel cet adhérent qui se dit « scandalisé par les grosses consommations d’énergie des stations de traitement » de ses voisins, alors que lui, est « obligé de gaspiller de l’énergie pour fabriquer de l’ammonitrate » qu’il est contraint d’acheter.
« L’empilement des lois et règlements en matière environnementale est une navrante réalité et la pression administrative qui en résulte est devenue insupportable », accorde André Quénet, secrétaire général. Et d’exprimer un sentiment partagé par les adhérents de la FDSEA : « L’exemplarité environnementale bretonne est mal récompensée ».
À l’adresse du président de la FNSEA, Thierry Merret ajoute: « À l’heure où la France, dans le cadre du précontentieux nitrates demande à être exemplaire, la FDSEA du Finistère demande que la France, dans son ensemble, soit classée en zone vulnérable. Ayant une large longueur d’avance sur nos collègues des autres régions, nous sommes prêts à leur fournir les clefs de l’excellence environnementale ! » Didier Le Du
Coût du travail
Dans le cadre de la lutte contre la distorsion de concurrence, la FDSEA milite, entre autres, pour l’exonération de charges sociales appliquée aux travailleurs occasionnels, à tous les salariés permanents. « Cette exonération serait compensée financièrement par la mise en place d’une taxe sur les ventes au détail de produits alimentaires. Cette taxe ne serait due que par les commerçants dont le chiffre d’affaires excède 766 000 euros, visant ainsi les grandes et moyennes surfaces. »
Cette « contribution pour la compétitivité durable de l'agriculture » serait similaire à la taxe « contribution pour une pêche durable », dite « taxe poissons », adoptée dans le cadre du projet de loi de Finances rectificative pour 2008.
Légende photo : Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, était l’invité de Thierry Merret.