
En Pays de Pontivy, une nouvelle association, regroupant les agriculteurs, les communautés de communes, les Cuma, les ETA et les forestiers, œuvre à la mise en place d’une filière bois.
« Au vu des photos satellites, le potentiel en bois de bocage est estimé à 7000 tonnes de plaquettes par an sur le secteur », indique Michel Uzenot, vice-président de l’association et agriculteur à Noyal-Pontivy L’objectif de l’association est d’établir une relation entre l’amont et l’aval.
« Le bois plaquette pourrait être un débouché pour les agriculteurs qui, de toute manière, sont dans l’obligation d’entretenir leurs haies et une opportunité pour les collectivités ». Encore faut-il que les uns et les autres connaissent l’existence d’une filière locale.
« Nous devons nous faire connaître, notamment auprès des décideurs qui choisissent le mode de chauffage des bâtiments collectifs ». Actuellement, quelques bâtiments de la région sont chauffés au bois. « La piscine de Pontivy consomme 400 tonnes de plaquettes par an et la maison de retraite de Pluméliau 200 tonnes ».
Le choix du chauffage au bois de bocage impose aux décideurs de mettre la main à la poche. « C’est un plus cher que le bois issu des résidus d’industrie, mais l’argent dépensé reste dans l’économie locale », précise Dominique Gueho, directeur de la fédération des Cumas.
L’heure de lamier est facturée 65 euros environ à l’agriculteur. L’équivalent de 60 m3 de branches est broyé sur place, en une heure, pour 200 euros. « Nous espérons convaincre un maximum d’agriculteurs pour limiter les frais de déplacement du matériel ». La tonne de plaquettes est vendue 115 euros. « Au final, le gain, pour l’agriculteur est estimé à 15 euros de l’heure de travail », reprend Michel Uzenot. Les plaquettes seront stockées dans des hangars ou sur une plate-forme à construire, au plus près des lieux de consommation.
Bernard Laurent
Photo : Une démonstration de broyage a été effectuée, vendredi dernier, sur l’exploitation de René Le Tutour, à Guénin.