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Le bois-plaquette joue collectif
 

En novembre 2006, cinq entrepreneurs bretons de travaux agricoles (Jean-Marc Chauviré, Michel Hamon, Hervé Brulé, Frédéric Jan et Félix Hello) créent une société (Bois énergies Ouest) pour valoriser le bois plaquette. « Avec nos lamiers, nous intervenons chez les agriculteurs ou les forestiers. Nous avons constaté que les déchets de bois étaient souvent brûlés en bout en champ », explique Michel Hamon. Avec l'arrivée des chaudières, les entrepreneurs ont voulu mettre fin à ce gâchis, dans une démarche collective. « Nous avons investi dans une déchiqueteuse en récupérant le bois-plaquette dans nos propres locaux, avant de le vendre. »
En 2008, un nouvel associé, Jean Pierre Kermoal, ancien agriculteur, entre dans la société. Le marché de la plaquette se développe. « Nous avons acheté une machine plus puissante, un tracteur spécialisé de 300 cv,  puis une cisaille sur pelleteuse. »


Assurer le séchage


« Rapidement, nous nous sommes posés la question d'une plateforme de stockage, » déclare Jean-Pierre Kermoal. Les plaquettes doivent en effet sécher de 4 à 6 mois pour répondre au cahier des charges des chaufferies industrielles, (taux d'humidité de 25 à 30 %). « Pour assurer de bonnes conditions de séchage, nos plaquettes doivent être stockées, à l'abri, sur une aire propre, sans corps étranger. » La logistique est un élément important du coût de revient de la plaquette. Il faut en effet assurer le transport du site de production à l'aire de stockage puis l'acheminer à la chaufferie. Ce coût est parfois plus élevé que celui du déchiquetage.


Un maillage suffisant


Les 6 associés ont retenu la zone de Beaurepaire à Augan (56) pour bâtir un hangar de 2 000 m2 bardé en claire-voie et entouré de 1 500 m2 de béton extérieur, de 2 500 m2 d'enrobé. Au total 6 000 m2 pour stocker 15 000 m3, soit 3 000 à 3 500 t de plaquettes, pour un coût de 700 000 € (200 000 € d'aide). Ce vaste entrepôt est à proximité de la forêt de Brocéliande, importante source d'approvisionnement. Une seconde plateforme est ouverte à Saint-Gérand près de Pontivy.
« Nous devons être proches de la ressource et des débouchés, avec un maillage suffisant », estime Hervé Brulé. Les six associés ont divisé la Bretagne en zones. « L'associé visite le chantier, chiffre le devis et fait ensuite appel à la déchiqueteuse collective, chaque entrepreneur fournissant les remorques ou l'appui par des camions pour l'évacuation des plaquettes. »
Les débouchés sont très divers, de l'usine de déshydatation de fourrages (Ille-et-Vilaine) aux unités de chauffage collectif, les élevages équipés de chaudière, les maisons de retraite… Ces débouchés sont en progression, les projets se multiplient sur tout le Morbihan et de gros projets sont en gestation à Brest et Rennes.


Ecologique et économique


 « Notre objectif global est de 50 000 m3/an, soit environ 12 000 à 13 000 t, la machine travaillant toute l'année. »
Michel Hamon poursuit, « pour le moment, la disponibilité en plaquettes est supérieure à la demande et le prix de vente reste inférieur au prix de revient. » La concurrence provient des usines qui transforment les anciennes palettes en plaquettes, à des coûts faibles. Les responsables de chaufferie sont souvent sensibles à ces prix bas, alors qu'ils doivent respecter, dans leur cahier des charges, un pourcentage de 25 à 30 % de plaquette d'origine bocagère et forestière.


2,77 ct / kWh


« Dans une conjoncture agricole difficile, le bois-plaquette constitue une diversification pour les entrepreneurs, une opportunité pour assurer du travail aux salariés, en saison d'hiver », ajoute H. Brulé. La plaquette a aussi d'autres atouts. Écologique, économique, calorifique, et renouvelable, le bois produit peu de gaz à effet de serre. Avec un prix de 100 € / t, le coût du kWh est à 2,77 ct pour les plaquettes contre 8,70 ct pour le fioul à 870 €/t. Patrick Bégos


 


Bois énergies Ouest
Portes ouvertes à Augan (56)
le 9 avril à partir de 14 h.


 


Photo : De gauche à droite : Hervé Brulé, Michel Hamon et Jean-Pierre Kermoal dans le hangar de stockage de plaquettes de 2 000 m2.

 


 





Une ressource
de 300 000 t/an

Les entrepreneurs travaillent tous types de bois, y compris les résineux dont le pouvoir calorifique est bon. En Bretagne, la ressource est évaluée à 300 000 t / an avec les élagages, les branches et houppiers restant après l'exploitation de bois d'œuvre, les arbres déclassés, les bois d'éclaircie, les abattages liés à des projets urbains ou
routiers... Avec la cisaille sur pelleteuse, ils peuvent aussi entretenir les bordures de cours d'eau. Et s'il le faut,
l'entrepreneur fait appel à des bûcherons tâcherons pour abattre.


 



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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 7 Avril 2011
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