
La production de viande bovine dans les pays émergents augmentera de 30 % dans les prochaines années. La consommation évoluera en parallèle, sous l’effet de l’augmentation de la population et de l’enrichissement global.
En Europe, la consommation augmentera légèrement, essentiellement en raison de la démographie (la consommation
individuelle diminue). 12 % seulement de la production mondiale est échangée. Parmi les principaux pays exportateurs, la Nouvelle-Zélande et l’Austra-lie subissent les premiers effets du changement climatique, l’Argen-tine a converti des terres en cultures. Les premières conséquences se remarquent peut être déjà sur le marché mondial avec une flambée des prix dans plusieurs pays producteurs. « On assiste à une baisse de compétitivité de certains bassins de production sur le marché mondial », indique Maud Marguet de la Chambre d’agriculture d’Ille et Vilaine, intervenue lors AG de la section viande bovine de la Cecab . Nos récentes exportations vers la Turquie en sont une conséquence.
Droits de douane réduits
La fin des restitutions aux exportations ne devrait pas avoir un impact élevé sur l’équilibre du marché français, devenu structurellement déficitaire depuis les années 2002-2003. La baisse des droits de douane pourrait impacter plus sérieusement la production locale, en favorisant les importations. « La majeure partie des tonnages rentrera sur le marché français à taux de douane réduit. La conséquence, c’est la baisse des prix de certaines pièces ». Les importations sont constituées de viandes essentiellement désossées. « L’Eu-rope pourrait se prémunir en classant ces viandes dans la catégorie produits sensibles, c'est-à-dire en conservant des droits de douane plus élevés sur cette catégorie particulière de viande ». Quitte à lâcher sur d’autres pièces pour respecter le contingent de viandes importées à droits
réduits.
L’après quota laitier
La production laitière européenne devrait augmenter dans les 10 prochaines années, après la suppression des quotas. « L’évolution des effectifs sera inégale selon les régions. Le nombre de vaches devrait augmenter dans les régions ou les coûts de production et de collecte sont les plus bas ». Selon cette analyse, l’offre bretonne en vaches laitières ne devrait pas être menacée. Elle constitue plus de la moitié de l’offre de gros bovins en Bretagne. De quoi rassurer, en partie, les industriels de la région qui souhaiteraient néanmoins disposer d’animaux mieux finis.
Le nombre de vaches allaitantes ne diminuera pas d’ici la prochaine Pac. « Ensuite, la politique de soutien à l’herbe sera déterminante ». La majorité des scénarios prévoient, par contre, le déclin de l’élevage de jeunes bovins viande. Les jeunes bovins laitiers subiront la concurrence de la production laitière. Le prix des céréales élevé pourrait être un frein majeur au développement de ce type d’ateliers, les producteurs préférant vendre leurs céréales que de remplir les taurelleries. « Ces jeunes bovins sont jugés trop lourds, trop gros, trop vieux par les industriels ». L’élevage de bœufs pourrait, par contre, progresser en fonction des surfaces disponibles. Bernard Laurent
Photo : Il y a des risques sur la disponibilité des jeunes bovins.
Opinion
Dominique Guiheneux
responsable filière, Groupe Bigard
Trois animaux par point de collecte
Beaucoup d’indicateurs sont favorables : démographie, pouvoir d’achat mondial, consommation en augmentation. Les importations en provenance du Brésil diminuent légèrement. Nous sommes compétitifs. Des gains de productivité sont cependant indispensables au niveau de la filière, notamment sur les coûts de collecte des animaux : trois bovins seulement, en moyenne, par point de collecte, actuellement. Les charges de transport sont trop élevées. Il faudra trouver des solutions. Une plus grande segmentation des produits est essentielle pour répondre aux besoins du marché. Nous avons également un problème de distorsion de concurrence avec nos voisins allemands, au niveau des charges de main d’œuvre.