
Si le contexte varie, la stratégie de l'Armoricaine, elle, reste inchangée. « Notre but est de continuer de développer la transformation, en investissant comme nous l'avons fait cette année – 2 millions d'euros –, et en réfléchissant toujours à de nouvelles pistes (produits biologiques, Bleu blanc cœur…) pour l'avenir », indique le directeur, Jean-Paul Linet.
Cette année, les actions mises en place en ce sens auront été la création de nouveaux emballages de yaourts à boire et le démarrage d'un projet devant mener à la production, sur site, de bouteilles de ces yaourts. Objectifs : diminuer l'empreinte carbone (les bouteilles provenant en grande quantité du Jura) et maîtriser une plus grande partie de la chaîne de production. Cela ne devra néanmoins pas se faire au détriment de la souplesse de l'outil industriel, qui permet à la coopérative de se démarquer en répondant aux petits marchés et aux niches. Mais l'Armoricaine a toutes les raisons de mettre l'accent sur ce produit : avec le fromage, le yaourt à boire représente le produit à la plus forte valeur ajoutée de la coopérative, et son volume produit a progressé de 14 % en 2010. « 33 % des yaourts à boire des MDD françaises sortent de chez nous », chiffre Jean-Paul Linet.
Année juste honorable
Pour autant, la coopérative n'entend aucunement se reposer sur ses lauriers, les augmentations de volumes cachant des résultats économiques 2010 mi-figue mi-raisin. « Aidée par le fromage et la valorisation de nos excédents depuis six mois, l'année aura été honorable », commentent président et directeur. Sur l'exercice, la collecte laitière a augmenté de 7,4 % à 39 millions de litres, la production par exploitation s'élevant à 388 760 L (+ 43 700 L / 2009). Le prix net moyen payé producteur a atteint 318 euros les 1000 L, contre 299 en moyenne en 2009. En face, les ventes de produits transformés ont, tous, augmenté, dans une proportion maximale de 30 % (fromage). Mais les résultats financiers ont pâti du fait que la hausse du prix du lait n'a pas pu être répercuté, du côté des produits transformés. « En la matière, nous avons un train de retard », note le directeur, qui évoque aussi la guerre entre enseignes de la grande distribution, n'ayant pour effet que de détruire de la valeur. En parallèle, le prix des matières premières comme le plastique flambe. D'où une posture délicate : « nous vivons une période un peu figée où nous devons essentiellement nous défendre sur les prix », confirme le directeur. « Tout en essayant de mettre nos adhérents à l'abri, en assurant une régularité des prix, en maintenant notre outil et en répondant en permanence aux nouvelles demandes », ajoute le président. Anne-Laure Lussou
Photo : Pour le directeur Jean-Paul Linet (à gauche) et le président Arthur Jaglin, le challenge est de continuer d'innover malgré un contexte de hausse de prix des matières premières.