
Après la crise de 2008, le Crédit agricole évolue désormais dans un contexte empreint de plus de sérénité. Jean Pierre Morvan, qui présidait mercredi 23 mars sa dernière assemblée générale de la caisse régionale de crédit agricole (voir hors texte), estime que « le département a plutôt mieux résisté à la crise. Notre économie s’appuie essentiellement sur l’agriculture, l’agro-alimentaire et le secteur tertiaire. Des secteurs moins soumis aux à-coups ».
Au terme de l’exercice, le produit net bancaire (équivalent au chiffre d’affaires) est de 227,9 millions d’euros (+2,8%) avec un résultat net de 61,6 millions d’euros, en légère progression par rapport à l’exercice 2009. L’impôt sur les sociétés s’est élevé à 27 millions d’euros. « Ce qui fait sans doute de la banque, le 1er contribuable du département », souligne Jean-Pierre Morvan.
Collecte et crédits progressent
Les chiffres 2010 illustrent effectivement cette reprise. L’encours de collecte dépasse les 9 milliards d’euros et progresse de 5,25 %. Une évolution sensible dans les dépôts à vue, la collecte monétaire ou encore l’assurance vie. Les épargnants se montrent plus prudents envers le secteur boursier. De même l’encours de crédit augmente de 3,7 % pour approcher les 6 milliards d’euros. Les réalisations sont portées par le marché de l’habitat et la reprise des transactions immobilières. Progression également du crédit à la consommation et des encours professionnels (+15,5 %). Les investissements agricoles restant toutefois un peu en retrait.
Malgré ces motifs de satisfaction, les responsables de la banque n’en oublient cependant pas les sociétaires confrontés à des difficultés. Parmi ceux-ci, un certain nombre d’éleveurs de porcs. Une centaine préoccupe particulièrement. Jean-Yves Carillet, directeur général depuis septembre précise. « Nous étudions les différentes solutions possibles. Pour quelques-uns l’arrêt d’activité et la reconversion sont envisagés ; pour d’autres une évolution dans le métier est étudiée ». Il craint encore pour les mois à venir, à défaut d’un meilleur équilibre entre les coûts de production (prix des matières premières) et le prix de vente. « Les répercussions seront alors plus marquées ».
Le directeur note par ailleurs que dans le cadre du service assistance agri-pro, qui veille sur la situation des entreprises les plus fragiles, c’est-à-dire ceux repérés par des retards de plus de 60 jours dans le remboursement de leurs prêts, près de 500 dossiers concernent l’agriculture, sur un total de 780 tous secteurs confondus. Pierre Dénès
Photo : Jean-Pierre Morvan, président de la CRCA et Jean-Yves Carillet, directeur général.
Jean-Pierre Morvan passe le témoin
Jean-Pierre Morvan a mis un terme à 33 années de mandat au sein de l’institution. Son premier mandat local date en effet de 1978, à la caisse locale de Jugon-les-Lacs. Il devient président de la caisse en 1979 et administrateur de la caisse régionale la même année. C’est en 1992 qu’il succède à Norbert Cléro à la présidence de la caisse régionale. Artisan dans le secteur du bâtiment, puis gérant de plusieurs salons de coiffure, il a été le premier président non-agriculteur de la caisse costarmoricaine. Son successeur devait être connu jeudi.